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Manif pour le pouvoir d’achat : 10 000 personnes dans les rues de Bruxelles, d’autres actions à venir

En effet, après l'action de ce milieu de semaine : D'autres actions sont envisagées avant la grève générale annoncée pour le 9 novembre. | © Valeria Mongelli / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Economie

Dix mille personnes ont défilé mercredi matin entre la place de la Monnaie et le Mont des Arts à Bruxelles, à l’initiative des principales organisations de travailleurs du pays. Celles-ci demandent aux autorités des mesures fortes devant permettre aux citoyens de traverser la crise énergétique et de revaloriser leur pouvoir d’achat. D’autres actions sont envisagées avant la grève générale annoncée pour le 9 novembre.

 

« Les citoyens sont étranglés par la hausse des prix », a d’emblée résumé Marc Leemans, à la tête de la CSC, dans son discours inaugural. « Les mesures actuelles ne suffisent pas et permettront à peine de couvrir le mois de novembre », s’insurge-t-il. Il a appelé « tous les gouvernements à agir. Et vite! Et comme nous en avons beaucoup, ils peuvent intervenir. »

Son homologue à la FGTB, Thierry Bodson, a insisté sur la précarité dans laquelle se retrouvaient bon nombre de citoyens. « On est à l’os. Tout le monde a puisé dans ce qu’il pouvait. Ce n’est pas qu’on ne veut pas payer. C’est qu’on ne peut plus payer! », a-t-il martelé.
Parmi les slogans visibles au sein de l’assemblée, les « Halte à la vie chère », « Le pouvoir d’achat plumé », ou encore « Gelez les prix, pas les gens » traduisaient également cette difficulté généralisée à assumer les coûts du quotidien.

Dans leurs allocutions, les responsables syndicaux ont adressé plusieurs revendications aux autorités. Selon eux, l’Etat doit prendre en main le secteur de l’énergie et au moins contraindre les entreprises énergétiques à faire profiter le grand public de leurs recettes. « Il faut taxer les surprofits à 50% au minimum », a précisé Thierry Bodson qui s’en est pris à la famille libérale du gouvernement « qui ne défend que les super profits et les super jets privés ».

 

©Valeria Mongelli / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Outre la cible gouvernementale, plusieurs dossiers opposent les syndicats au patronat: la loi de 1996 sur la marge de hausse salariale et la répartition des 900 millions d’euros de l’enveloppe bien-être qui doit permettre de revoir à la hausse les allocations sociales les plus basses. Le gouvernement devait remettre la main sur ce dossier le 15 septembre, mais il semble vouloir donner encore un peu de temps à la concertation sociale.

Les syndicats refusent d’en entendre encore parler. « Après nous avoir fait lanterner pendant des mois, les patrons veulent discuter, mais on ne changera pas de position. Le gouvernement doit rapidement ventiler cette enveloppe et qu’on passe à autre chose », commente M. Bodson. « On ne va pas remettre la discussion sur la table », a ajouté Marie-Hélène Ska, secrétaire générale de la CSC.

Après cette première salve automnale, les syndicats promettent de ne pas attendre la grève générale du 9 novembre pour se mobiliser. « Nous allons convenir, en front commun j’espère, d’un calendrier d’actions intermédiaires. La colère est là et on doit continuer à défendre les travailleurs et les citoyens de ce pays », conclut le président du syndicat socialiste.

La forme de ces prochaines actions devra également être déterminée. Initialement, c’était un rassemblement qui était programmé ce mercredi. « Mais quand on sait qu’on attend trois à quatre fois plus de monde que prévu, que la place de la Monnaie ne peut contenir que 4.000 personnes, il fallait une manifestation », justifie M. Bodson.

La CGSLB s’en est tenue au plan de départ et n’a pas effectué le parcours d’un kilomètre qui prévoyait un passage devant le siège de la Fédération des entreprises de Belgique, rue Ravenstein. Le syndicat libéral tient à observer une gradation dans la contestation sociale.

 

©Valeria Mongelli / Hans Lucas.

C’est donc un cortège rouge et vert qui s’est élancé vers 11h00 de la place de la Monnaie. Dans les discours ayant précédé le départ, Thierry Bodson avait appelé à éviter tout débordement. « L’opinion publique est avec nous, ne perdons pas notre crédit », a-t-il conseillé.
Sa recommandation a, dans l’ensemble, été suivie. Le cortège s’est attardé devant le siège du patronat, les pétards se sont faits plus bruyants, de nombreux fumigènes, quelques oeufs, des rouleaux de papier-toilette ont été lancés sur la façade de l’édifice, sans faire de dégât hormis une bouteille en verre qui a brisé une vitre du premier étage de l’édifice.

« J’aurais aimé que cela n’arrive pas, mais avec ce que les gens vivent, avec la colère, on peut parler d’un épiphénomène », a commenté le responsable du syndicat socialiste.

Avec Belga.

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