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L’huile de palme, plus dangereuse que jamais en Indonésie

La culture d'huile de palme fait déjà des ravages sur l'habitat naturel des orangs-outans | © Belga / EPA/WEDA

Economie

Bourrée d’acides gras saturés, aussi dangereuse pour la santé que pour les forêts indonésiennes et les orangs-outans qui les habitent, l’huile de palme est dans le viseur des consommateurs. Et est désormais plus dangereuse que jamais : l’Indonésie va en effet en échanger contre des chasseurs russes. 

Afin de profiter des nouvelles sanctions internationales frappant Moscou, l’Indonésie a en effet pris la décision d’échanger de l’huile de palme, du café et du thé contre des chasseurs russes. Les nouvelles sanctions prises au début du mois par l’Union européenne et les Etats-Unis visent la Russie pour son ingérence présumée dans l’élection présidentielle américaine et l’annexion de la région ukrainienne de Crimée par Moscou.

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Les sanctions ont notamment pour effet d’imposer un embargo sur les exportations et les importations d’armes venues de Russie, d’interdire l’exportation des biens à double usage destinés à une utilisation militaire ou à des utilisateurs finals militaires en Russie, mais aussi de restreindre l’accès de la Russie à certains services et technologies sensibles pouvant être utilisés pour la production et l’exploration pétrolières. De quoi donner envie au Kremlin de se tourner vers d’autres marchés. Une aubaine pour l’Indonésie.

« Une aubaine »

Le ministre indonésien du Commerce, Enggartiasto Lukita, a estimé que les sanctions, qui ont contraint la Russie à chercher de nouveaux marchés, pouvaient être une bonne nouvelle pour l’Indonésie. « C’est une opportunité que nous ne devrions pas perdre de vue », a-t-il déclaré la semaine dernière à Moscou. Dont acte : l’Indonésie a signé la semaine dernière avec la Russie un protocole d’accord prévoyant l’achat de 11 chasseurs russes Sukhoï en échange de produits de première nécessité, a indiqué un porte-parole du ministère indonésien du Commerce.

La porte ouverte à d’autres accords

« L’idée a été lancée l’année dernière, certaines personnes suggérant que l’Indonésie devrait échanger les avions contre nos principales denrées » alimentaires, a déclaré à l’AFP le porte-parole, Marolop Nainggolan. L’accord, qui doit être mis en application par le conglomérat public russe Rostec et l’indonésien PT Perusahaan Perdagangan Indonesia, pourrait ouvrir la voie à d’autres accords bilatéraux étendus à l’énergie et l’aviation, a souligné M. Lukita. La valeur et le délai de ces échanges n’ont pas été précisés.

 

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