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Le MR et l’épineuse question du service minimum dans les transports publics

Le MR veut éviter une capitale paralysée en cas de grève | © BELGA PHOTO CAMILLE DELANNOIS

Economie

Dans les prochaines semaines, les libéraux bruxellois du MR vont déposer une proposition d’ordonnance visant à instaurer un service minimum à la Stib.

Une volonté confirmée par Vincent De Wolf, avec l’ennui toutefois que le MR, déforcé, se trouve dans l’opposition dans la capitale. Qu’à cela ne tienne : le projet de service minimum a ses défenseurs dans les rangs de la majorité. Benoît Cerexhe, chef du groupe cdH au parlement régional, s’est en effet dit favorable à la proposition, semblant donc ouvrir la porte à une majorité alternative sur ce dossier.

Opposition à gauche

Au cabinet du ministre compétent sp.a Pascal Smet, on insiste sur le fait que « le service minimum dans les transports publics ne figure pas dans l’accord de majorité conclu en 2014″. La PS Caroline Désir indique quant à elle  que les socialistes n’y sont « pas favorables, par respect du droit de grève ».

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Car le service minimum dans les transports en commun est un dossier des plus épineux, auquel le MR bruxellois n’est pas le premier à vouloir se frotter. Et qu’importe si d’autres s’y sont cassé les dents avant. Qui a oublié les actions de la CGSP cheminots cet été alors que le projet de loi sur le service minimum des chemins de fer venait d’être approuvé ? Une mesure ayant pour principal objectif selon les syndicats de rendre plus difficile l’accès au droit de grève. Et ces derniers d’organiser des actions symboliques « pour montrer aux usagers ce qui se passera en cas de service minimum. Nous faisons une action pour mettre en scène et photographier un trajet de train pas comme les autres, un trajet où le service minimum serait d’application : des usagers laissés à quai, des wagons tellement bondés qu’on serait à six dans les toilettes, des problèmes de sécurité… ». Tout un programme.

Interdire les piquets de grève

Et pas de quoi décourager le MR de vouloir appliquer cette mesure à la Stib. Avec un premier obstacle toutefois, avant même le courroux des syndicats : côté francophone, pour faire adopter leur texte, MR et CDH auront besoin du soutien de Défi. Si Didier Gosuin, ministre bruxellois de l’Emploi et membre de DéFi a estimé auprès de nos collègues du Soir pouvoir « parler de tout à condition que le MR ne soit pas dans une logique idéologique d’affrontement avec les syndicats », il a toutefois proposé d’ouvrir plutôt le débat sur « le droit de grève et la manière de l’exercer. Si on interdisait les piquets de grève, on aurait déjà de facto un service minimum ».

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