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Comment le smartphone s’apprête à devenir la banque du futur

Un téléphone pour remplacer les guichets | © Belga / AFP PHOTO / Christof STACHE

Economie

Plus qu’un téléphone, le smartphone est devenu un objet tout-terrain, permettant notamment de consulter son solde bancaire à tout moment. Et annonçant une révolution dans le secteur.

Le contact tactile sur l’écran du téléphone serait en effet en passe de supplanter l’ordinateur comme premier canal de contact entre banques et clients. Un comportement « mobile first » dont se sont emparées de nombreuses start-up qui ont décidé de se lancer sur le marché de la banque et des comptes de paiement pour s’adapter aux nouveaux usages des accros aux smartphones.

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Leurs noms ? N26, Anytime, Morning, Lydia… Toutes proposent des cartes de paiement internationales, associées à une application mobile de gestion de compte qui revendique une absolue simplicité d’utilisation. Des initiatives également exploitées par de grands groupes, comme le distributeur Carrefour avec son compte C-zam, rejoints bientôt par les opérateurs télécoms, Orange et SFR-Altice. « Le client fait tout et les machines font le reste, souligne Guillaume Clavel, président du comparateur Panorabanques.com. Ces acteurs arrivent sur le marché avec des propositions de tarifs très compétitifs. L’offre de base de N26 ne coûte rien si vous l’utilisez pour des paiements en zone euro ou en devises».

Forfait pas illimité

Ces propositions ont cependant leurs limites. « Elles ne permettent pas de disposer d’un chéquier, un problème pour beaucoup attachés à ce moyen de paiement. Ni d’avoir un compte à découvert », détaille Maxime Chipoy, responsable du comparateur Meilleurbanque.com. Pourquoi ces restrictions ? A cause du cadre juridique. « La plupart n’ont pas le statut de banque de plein exercice. En tant qu’établissements de paiement, ils n’ont pas le droit de vous faire crédit », explique Maxime Chipoy.

Compte courant uniquement

Autre différence avec les établissements traditionnels ou les banques en ligne, l’offre se limite au compte courant. Un handicap pour certains experts. « Les clients ont besoin que leur établissement de référence réponde à l’ensemble de leurs besoins financiers », estime Benoît Grisoni, directeur général adjoint de Boursorama qui, outre la banque au quotidien, propose des services d’épargne, de Bourse, de prévoyance ou de crédit. « L’usager d’une banque cherche aussi à épargner et à emprunter », abonde Grégory Guermonprez, directeur France de Fortuneo. Une diversité de gamme à laquelle certaines start-up souhaitent aussi prétendre. « Nous avons vocation à étendre notre offre à tous les segments, avec pour objectif d’apporter un réel bénéfice pour l’utilisateur, alliant simplicité, transparence et tarification compétitive », souligne Jérémie Rosselli, responsable de N26 pour la France.

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Une arme de séduction massive ? D’aucuns en doutent. « Pour utiliser ce type de compte, il faut être assez technophile et très autonome, ce qui n’est pas le cas de tous les clients. Quant aux tarifs, ces comptes sont effectivement plus abordables que ceux des banques traditionnelles, mais pas nécessairement moins chers que les banques en ligne », remarque Maxime Chipoy. Ce que revendique Boursorama Banque, qui a rendu sa carte Visa Classic gratuite (sous réserve d’une utilisation mensuelle au minimum) il y a un mois, dans le cadre de son offre Welcome, sans conditions de revenus.

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