Paris Match Belgique

Pendant que la Belgique s’illustre, les jeunes Wallons partent à la dérive

La Wallonie qui gagne s'éloigne ? | © DR - "La Promesse"

Economie

La Belgique ferait partie du top 3 des pays les mieux à même de former et d’attirer des talents pour travailler dans ses entreprises, selon une étude de l’école de commerce suisse IMD, relayée par l’Echo. Le revers de la médaille ? Chez les Wallons, un jeune de 18 à 24 ans sur six (16,4 %) est un NEET (not in education, employment or training), soit ni étudiant, ni employé, ni stagiaire. 

Et pourtant : quand il s’agit de former des talents ou de les attirer dans les entreprises du pays, seuls la Suisse et le Danemark, respectivement première et deuxième du classement réalisé par IMD, sont plus performants que la Belgique. Qui se hisse donc à la 3e marche du podium, classement d’autant plus honorable que les recherches portaient sur 63 pays. Pour l’établir, une trentaine de critères ont été passés en revue, répartis en trois grandes catégories: l’investissement dans le développement de talents, l’attractivité pour les expatriés, et les compétences disponibles. Et il s’avère que la Belgique est particulièrement performante quant à l’investissement dans le développement de talents, notamment via l’importance des dépenses publiques par élève de l’enseignement secondaire (soit 38,6% du PIB par habitant). Et pourtant, une proportion croissante de jeunes belges part à la dérive.

Lire aussi > Supersize Wallonie, un jeune francophone sur 6 en surpoids

Ainsi, il ressort d’une enquête relayée par Le Soir qu’en Wallonie, un jeune de 18 à 24 ans sur six (16,4 %) est pris dans les limbes entre le monde de l’école et celui du travail, un flou où l’on retrouve les NEET, terme devisé par les statisticiens pour désigner ceux qui ne sont ni étudiants, ni employés, ni stagiaires. Et à Bruxelles, la situation est encore plus alarmante avec un jeune de 18 à 24 ans sur cinq (19,8 %) dans cette situation. En Flandre, le taux descend à 9,8 %.

C’est préoccupant car ce sont des jeunes sans beaucoup de perspectives occupationnelles valorisables à court terme. Les chiffres cachent certainement des citoyens qui vont galérer quelques mois avant de repartir mais, socialement, ce sont des gens qui risquent de devenir un jour dépendants. Or, le redressement de la Wallonie et de Bruxelles passe par une amélioration de ces données, et donc de notre système éducatif.

Julien Nicaise, sociologue

Le profil-type des NEET ? Prioritairement des jeunes ayant un faible niveau d’éducation scolaire. En effet, une des causes de ce désoeuvrement est la sortie du secondaire sans qualification. Le taux de redoublement est également pointé du doigt, car il entraîne selon Julien Nicaise « un décrochage scolaire, qui lui-même peut alimenter une sous-qualification des jeunes à la sortie de l’enseignement obligatoire ». Pour qui diminuer le nombre de NEET pourrait être aussi simple qu’améliorer le taux de diplômés du secondaire ainsi que l’accès à une formation.

Résultats médiocres

Et selon le rapport le plus récent de l’OCDE, il s’agirait également d’améliorer les compétences des jeunes belges francophones en résolution de problèmes de manière collaborative. Sur base de résultats extraits de l’étude Pisa 2015, l’organisme a en effet pu déterminer que l’aptitude des jeunes francophones à résoudre collectivement des problèmes figure en effet sous la moyenne des pays de l’OCDE. Les élèves de la Fédération Wallonie-Bruxelles se classent en 28e position, derrière nos principaux voisins, ainsi que la Flandre qui se place en 15e position. Consciente de ce retard, la Fédération Wallonie-Bruxelles a lancé un vaste plan de réformes autour du Pacte pour un enseignement d’excellence. Encore à ses prémices, celui-ci devrait livrer ses pleins effets d’ici une quinzaine d’années environ.

CIM Internet