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La réforme de la fiscalité, une victoire pour Trump et un échec pour les États-Unis

La réforme de Trump pourrait coûter très cher aux USA | © BELGA PHOTO HATIM KAGHAT

Economie

Le Sénat américain, à majorité républicaine, a adopté dans la nuit de vendredi à samedi un ambitieux projet de réforme de la fiscalité et de baisse des impôts, une précieuse victoire d’étape pour le président Donald Trump.

Le texte, adopté par 51 voix contre 49, doit maintenant être harmonisé avec la version adoptée le 16 novembre par la Chambre des représentants. Ce serait la première grande réforme du mandat du 45e président américain, qui n’a pas réussi à tenir son engagement d’abroger la loi sur le système de santé de Barack Obama, cet automne. Une victoire en demi-teinte, le texte ayant été rejeté en bloc par les Démocrates, qui ont affirmé ne pas avoir eu le temps de lire les 500 pages « écrites en pattes de mouche » de cette proposition de réforme. Dans la nuit de vendredi, alors que le vote était en cours, des modifications étaient encore ajoutées à cette réforme qui pourrait coûter énormément au pays de l’Oncle Sam.

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Parmi les mesures mises en avant par Donald Trump, une baisse d’impôts, la plus grande de l’histoire selon lui, qu’il espère mettre en place avant la fin d’année.Objectif affiché : simplifier le système de taxations aux États-Unis, devenu si complexe qu’il faut désormais nécessairement faire appel à des conseillers fiscaux pour remplir sa déclaration. Selon les républicains, la réforme permettrait également d’injecter dans l’économie 1 500 milliards de dollars (soit environ 1 288 milliards d’euros) sur dix ans. Mais les opposants à la réforme, les démocrates en tête, affirment quant à eux qu’elle creusera le déficit d’autant.

Excitation à Wall Street

En tête des mesures les plus couteuses de la réforme, le passage de l’impôt sur les bénéfices des sociétés de 35 % à 20 %. Initialement, le président républicain voulait faire passer cet impôt à 15% mais cette proposition a été jugée ruineuse.  Cela reste néanmoins la coupe d’impôt la plus couteuse de la réforme, raison pour laquelle elle pourrait s’appliquer progressivement sur cinq ans, malgré l’insistance de Wall Street à la voir mise en place dès la fin de l’année.

Pillage du Trésor

Pensée pour rendre du pouvoir d’achat à la classe moyenne et faire en sorte que les États-Unis soient plus compétitifs pour les entreprises, la réforme risque également de creuser encore les déficits publics. C’est d’ailleurs l’argument qui a été avancé par Bob Corker, sénateur républicain du Tennessee et seul de son parti à s’être opposé au vote de la réforme. Après le vote, le sénateur Bernie Sanders s’est écrié que « le Trésor est pillé ce soir », alors même que les experts financiers prédisent qu’avec la réforme, 1 000 milliards de dollars devraient venir s’ajouter à la dette publique actuelle des États-Unis, évaluée à 20 000 milliards.

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