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Nouvelle extinction de masse : L'Europe et la Belgique aussi concernées

Depuis 1850, 182 espèces ont déjà disparu en Belgique. | © Pexels

Environnement

Si la situation n'est pas encore dramatique pour nos écosystèmes belges, elle est de plus en plus inquiétante. Des mesures sont prises afin d'endiguer les pertes - mais suffiront-elles ?

 

Chaque année, les agences de défense des droits des animaux font le bilan difficile des espèces qui se sont éteintes. Pour 2017, on aura notamment dit adieu à une chauve-souris, un chat et de nombreux lézards. Il y a quelques jours, c'est le dernier rhinocéros blanc qui s'éteignait. Dans les causes de ces disparitions on peut dénoncer, en plus du réchauffement climatique, la surexploitation des écosystèmes qui abritent ces espèces, notamment via la surpêche ou la déforestation.

En Belgique, le phénomène est moins prononcé, mais certaines espèces sont malgré tout en danger. Ainsi, selon la liste rouge des espèces animales, depuis 1850, 182 espèces ont déjà disparu chez nous. Parmi elles, le lynx, l'esturgeon, ou encore le loup. Aujourd'hui, ce sont pas moins de 1 029 espèces qui y sont menacées.

Mais comme l'expliquait Jean-Yves Paquet, directeur du département Études de Natagora sur les ondes de La Première, il s'agit chez nous surtout de diminution des espèces, davantage que d'extinction totale. « On observe cela chez certains insectes ou certains oiseaux qui sont devenus vraiment beaucoup moins abondants qu’auparavant », déplore-t-il. L'expert cite notamment l'exemple de l'alouette des champs qui, « bien qu'elle reste commune dans nos campagnes, ne présente un taux de population qui ne s'élève plus qu'à 40%. Ce qui veut dire qu’elle est toujours là, qu’on peut toujours l’entendre, mais que son abondance est, d’une manière assez inquiétante, beaucoup plus faible qu’auparavant ».

Des dispositions sont prises

Face à cette situation, les pouvoirs publics ne restent pas tout à fait les bras croisés. Par conséquent, on peut se réjouir, en Belgique de certaines améliorations. Selon une étude, la situation de certains animaiux aquatiques comme les canards est, par exemple, en progrès. En ce qui concerne ces mesures, Jean-Yves Paquet remarque notamment les dispositions prises face à la chasse qui permettent de préserver certaines espèces. Et d'ajouter « Le tout est que ça soit appliqué suffisamment rapidement et à une grande échelle pour réussir à sauver un maximum d’espèces ».

©Pexels - L'alouette des champs fait partie des espèces menacées chez nous.

Ce qui n'a pour autant pas empêché ce 26 mars 2018 270 scientifiques belges de cosigner un cri d'alarme pour la sauvegarde de notre biodiversité. L'appel fait suite à la publication de plusieurs rapports interpellants sur l'état de notre biodiversité mondiale. Rien qu'en Europe par exemple, 37% des poissons d’eau douce seraient menacés d’extinction. Sur la terre ferme,  seuls 16% des habitats terrestres de l'Union européenne ont un statut de conservation favorable. En clair, alors que la biodiversité est la garante d'écosystèmes sains, les plantes et les espèces animales disparaissent entre 100 et 1000 fois plus vite que le taux d'extinction naturel. Nous sommes ainsi en plein la sixième extinction de masse.

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"Nous nous engageons à mener les recherches scientifiques écologiques et sociales nécessaires pour soutenir de telles mesures. L'avenir de l’homme dépend de la biodiversité. Il est temps que nous en fassions tous la plus haute priorité », dans leur lettre ouverte publiée sur lalibre.be.

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