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Les lacs et les mers en voie d’évaporation

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La mer d’Aral, autrefois quatrième lac salé le plus important au monde, a pratiquement disparu. Le lac Mead, le plus gros réservoir d’eau des Etats-Unis, s’évapore dangereusement. Et ce ne sont pas les seuls plans d’eau gigantesques qui subissent les conséquences des activités humaines et du changement climatique.


Dès les années 1960, l’assèchement de la mer d’Aral commence. Les Soviétiques veulent changer les steppes du Kazakhstan et de l’Ouzbékistan en champs de coton et de blé. Ils exploitent une partie de la mer d’Aral pour irriguer ces cultures. Résultat, elle perd neuf dixième de sa surface en 1970.

Devant cette catastrophe écologique, un projet financé par la Banque mondiale entame la restauration de la mer d’Aral. Depuis 2005, elle remonte de six mètres chaque année. Mais il faudra encore attendre de nombreuses années pour remplir un lac salé qui s’étendait sur 67 300 km², soit deux fois la Belgique.

Lac Poopó (Bolivie)

Perché à 3700 mètres d’altitude, ce lac a complètement disparu depuis 2015. C’était le deuxième plus grand lac de Bolivie dans les années 1970.

Aujourd’hui, il n’en reste qu’un désert de 4 000 km², une faune morte et des habitations vides. La population a quitté les lieux car les ressources se raréfiaient. Le lac fut victime du manque de pluie sévère et des activités d’une centaine d’exploitations minières.

Mer Morte (Jordanie, Israël, Palestine)

La dégradation de la mer Morte a commencé dans les années 1960. Israël, la Jordanie et la Syrie avaient détourné le cours du Jourdain, sa source principale. Depuis, le niveau de la mer Morte a baissé de quarante mètres.

Pour résoudre ce problème, il faudrait que les pays concernés entretiennent des relations cordiales. Mais Israël et la Jordanie, malgré leur traité de paix, sont en froid. Et la guerre en Syrie n’arrange rien.

Lac Mead (Etats-Unis)

C’est l’un des plus gros réservoirs d’eau des Etats-Unis et la principale source potable de l’Arizona, de la Californie et du Nevada (dont Las Vegas à 90%). Le lac Mead est le résultat du barrage Hoover sur le fleuve du Colorado.

Depuis 20 ans, le lac a perdu plus de 60% de ses réserves à cause d’une sécheresse sévère persistante dans la région. En avril 2015, le lac Mead a atteint son niveau le plus bas depuis la construction du barrage Hoover. Tout près du lac Mead, le lac Powell s’assèche aussi. Il n’en est plus qu’à 45% de sa capacité.

Avec la demande croissante des régions qui dépendent de ces réservoirs et la longue période de sécheresse, ils pourraient totalement disparaître en 2020 si rien n’est fait.

Lac d’Ourmia (Iran)

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Autrefois considéré comme l’un des plus grands lacs salés du monde, le lac d’Ourmia a baissé de huit mètres entre 2005 et 2015.

Cette sécheresse est principalement due à la construction de barrages dans les années 1970. A cette époque, le gouvernement du shah bâtit plusieurs barrages pour fournir de l’électricité aux villes et accroître l’industrialisation.

En 1980, ce chantier est interrompu. Il reprend dix ans plus tard avec la République islamique qui veut promouvoir l’agriculture. Depuis, la surface du lac est passée de 5 000 km² à 2 000 km².

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