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La Russie tue des milliers de chiens errants avant la Coupe du Monde

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Les chiens domestiques sont également victimes de ce massacre. | © Flickr/Andrei Zverev

Environnement

En pleine préparation à la Coupe du Monde de football 2018, la Russie a ordonné l’éradication totale des chiens errants dans onze villes. Une décision vivement critiquée par des défenseurs des animaux pour ses méthodes barbares. 

À Volgograd, en Russie, on se prépare déjà à accueillir plusieurs matchs de la Coupe du monde de football en juin prochain, d’une façon qualifiée de « barbare ». Comme dans 10 autres villes, il a été décidé d’éradiquer préventivement tous les animaux errants, pas seulement les chiens mais aussi les chats, rapporte Le Courrier International.

À l’approche de cet événement majeur, la Russie a donc décidé de nettoyer ses rues et même les refuges. Chez Dino, un refuge qui abritait 179 chiens, il n’en reste plus qu’un. « Ils ont capturé nos chiens, et le jour même on a su qu’ils avaient été tués », s’insurge une bénévole.

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Un coût exorbitant

Pour régler ce problème d’animaux errants, les régions qui accueilleront des matchs ont dépensé plus d’1,4 million d’euros, selon Ekaterina Dmitrieva, présidente de la Fondation pour la défense des animaux. Une somme d’argent critiquée également par la Commission parlementaire pour l’écologie et la protection de la nature. « L’abattage de chaque chien coûte entre 6 et 9 000 roubles », soit entre 85 et 130 euros. « Avec cet argent, on pourrait aisément financer la capture, la vaccination, la stérilisation et le maintien de ces animaux dans des refuges », a déclaré Vladimir Bourmatov, président de cette commission qui demande au nouveau ministre, Pavel Kolobkov, d’épargner les pauvres bêtes.

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C’est une question de réputation pour notre pays. Nous ne sommes pas des barbares pour abattre en masse des animaux dans la rue, jeter leurs cadavres ensanglantés dans des camionnettes et les trimballer à travers la ville. – Bourmatov

Payés pour tuer

Selon Andreï Timeskof, président de la Fondation pour le développement de l’animalisme Dobry Mir, Saint-Pétersbourg a confié l’abattage des animaux à « des chasseurs de chiens », qui tuent pour le plaisir. « Il n’aurait pas fallu plus de cinq ou six ans pour régler le problème des animaux errants dans tout le pays, mais cela ne sert pas leurs intérêts. Il leur faut de nouveaux chiots pour continuer les tueries, pour lesquelles ils reçoivent de l’argent public », assure Ekaterina Dmitrieva.

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Flickr/alekseybusygin

Les chiens domestiques sont également touchés par cette tuerie, « attrapés pour faire du chiffre et toucher les primes », souligne le Courrier International. À Volgograd, le salaire mensuel d’un chasseur de chiens errants serait de 18 000 à 25 000 roubles, soit 260 à 360 euros.

Méthodes cruelles

Le groupe Bloody Fifa 2018 a lancé une pétition qui a déjà récolté près de 90 000 signatures pour mettre fin à ce massacre et déplacer le championnat « dans un pays où les animaux ont des droits, ou au moins le droit de vivre ». « Les 11 villes russes seront noyées dans le sang des animaux errants. Des centaines de milliers de chiens, de chats et même d’oiseaux seront assommés par un poison terrible ou de manière encore plus cruelle », écrivent-ils dans la pétition.

Cela rappelle fortement les événements de 2014, quand la Russie se préparait aux Jeux Olympiques. Les chasseurs abattaient les animaux à l’aide de sarbacanes empoisonnées. Les chiens mourraient de suffocation, toujours conscients. Pour ces méthodes barbares, les tueurs recevaient 500 roubles par cadavre.

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