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Des constructeurs automobiles accusés de forcer des singes et des humains à inhaler des gaz d’échappement

gaz d'échappement

Volkswagen s'excuse d'avoir forcé des singes à respirer des gaz d'échappement. | © PHOTO BELGA AUDE VANLATHEM

Environnement

Depuis le scandale du « dieselgate », les constructeurs automobiles sont déterminés à prouver que le diesel n’est pas nocif pour la santé. Au point d’avoir mené des tests exposant des singes de laboratoires et des cobayes humains à des gaz d’échappement.

Les scandales autour du diesel continuent. Le dernier, révélé par le New York Times le 25 janvier, vise le Groupe européen de recherche sur l’environnement et la santé dans les transports (EUGT), financé par Volkswagen, Daimler et BMW et désormais dissous. En 2014, l’organisme aurait procédé à des tests impliquant des singes. Enfermés dans une chambre isolée, les 10 primates ont dû inhaler pendant plusieurs heures du dioxyde d’azote provenant d’une New Beetle dans un laboratoire américain. Le but de cette pratique était de comprendre les effets du diesel sur la santé et de défendre son utilisation après que l’Organisation mondiale de la santé l’avait désigné comme cancérigène deux ans plus tôt.

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Deux jours après ces révélations du journal américain, le constructeur allemand a présenté ses excuses, convaincu « que les méthodes scientifiques choisies à l’époque étaient mauvaises », explique-t-il dans un communiqué cité par Bloomberg. « Il aurait mieux valu se passer d’une telle étude », a souligné l’entreprise, déplorant « le manque de discernement de certaines personnes ».

Selon le groupe financier, Daimler a affirmé avoir ouvert une enquête interne sur le sujet. « Nous pensons que les tests sur les animaux dans cette étude étaient inutiles et répugnants », a déclaré le constructeur dans un communiqué. « Nous nous éloignons explicitement de l’étude ». De son côté, BMW rejette toute participation à cette étude, de sa conception à sa mise en œuvre. Le groupe de recherche a cessé toute activité en 2017, sans avoir conclu l’étude sur les primates.

Cobayes humains

Le quotidien allemand Stuttgarter Zeitung va encore plus loin. Dimanche 28 janvier, le journal a affirmé qu’un groupe de recherche, financé par plusieurs constructeurs automobiles allemands, avait mené des tests analogues sur des cobayes humains. Cette fois, ils seraient environ 25 jeunes gens en bonne santé à avoir respiré pendant plusieurs heures du dioxyde d’azote à des doses variées. Les tests étaient effectués dans un institut dépendant de l’université d’Aix-la-Chapelle, en Allemagne. L’impact des gaz d’échappement sur les personnes n’a pas pu être déterminé par l’étude, publiée en 2016, précise le journal allemand.

Des tests condamnés par le gouvernement allemand

Le ministre allemand des Transports et l’Agriculture a déclaré lundi que le gouvernement allemand « condamnait » les tests menés pour le compte des constructeurs automobiles allemands sur des êtres humains et des singes, rapporte Belga. Après le scandale du « dieselgate », ces deux nouvelles affaires « montrent que la confiance en l’industrie automobile est à nouveau écornée », a ajouté le ministre, qui a demandé à la commission d’enquête chargée du scandale de se pencher aussi sur ces accusations. « Je n’ai aucune compréhension pour tout cela, ces tests devaient uniquement servir à la promotion des constructeurs automobiles, nous ne pouvons et n’allons accepter cela ».

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