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Dans la savane kenyane, une unité canine à la chasse aux braconniers

C'est grâce à leur flair que les chiens sont capables de poursuivre les criminels. | © AFP PHOTO / Yasuyoshi CHIBA

Environnement

Depuis 2009, les animaux de la réserve naturelle du Masai Mara peuvent dormir sur leurs deux oreilles. Une unité canine veille à leur protection.

Les braconniers n’ont qu’à bien se tenir. Shakaria, un chien de Saint-Hubert âgé de cinq mois, fera bientôt partie de l’élite canine chargée de la protection des animaux sauvages du Masai Mara, au Kenya. Bondissant sur un ranger déguisé en braconnier, ce chiot au pelage brun utilise son flair pour débusquer l’ennemi. Un entraînement qui a fait de Shakaria la meilleure des cinq nouvelles recrues qui vont bientôt rejoindre l’unité chargée de lutter contre le braconnage.

Le Masai Mara est une réserve naturelle où plus d’un million d’espèces effectuent leur grande migration entre la Tanzanie et le Kenya. Un voyage dangereux pour ces bêtes qui deviennent la proie de braconniers. Car si l’ivoire est un matériau très convoité par ces bandits, c’est surtout pour leur viande que les animaux sont tués dans cette région, explique Lema Langas, l’un des responsables de l’unité canine, dans un article publié par Ouest-France.

©AFP PHOTO / Yasuyoshi CHIBA – La recrue Nanyokie, elle aussi âgée de cinq mois.

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La viande d’animaux sauvages est séchée et exportée vers l’Ouganda et le Rwanda. Dans un ancien rapport, publié en 2014, le gouvernement prévient que ce trafic, trop souvent ignoré, a atteint des proportions folles. On y évoque notamment l’arrestation d’un véhicule transportant plus de six tonnes de viande, rapporte-t-on dans l’article.

Le collet comme outil de torture

De juillet à août, les rangers trouvent de nombreux pièges à collets, un traquenard composé d’un fil qui s’enroule autour d’un membre de l’animal. Et plus ce dernier bouge pour s’en défaire, plus le piège se ressert. Certains braconniers utilisent également des machettes pour abattre la bête prisonnière.

En 2009, deux anciens policiers américains spécialisés dans la traque de fugitifs, Linda Porter et John Lutenberg, ont amené deux de leurs chiens au Kenya pour lutter contre ce massacre animalier. À présent, l’unité compte quatre traqueurs de braconniers et deux spécialistes de la détection d’armes à feu.

©AFP PHOTO / Yasuyoshi CHIBA

C’est grâce à leur flair que les chiens sont capables de poursuivre les criminels. Ils « utilisent leur nez pour voir, pas comme nous. Si on ne voit aucune trace […], mais qu’on suspecte que le braconnier est passé par un endroit, et bien on demande au chien de suivre l’odeur », explique Lema Langas dans les propos rapportés par Ouest-France.

Un braconnage en diminution

Depuis que cette unité opère, la réserve constate une réduction drastique du braconnage de jour. Et lorsque les chiens sont au repos, des caméras thermiques prennent la relève pendant la nuit. Plus de 4 000 braconniers ont été arrêtés dans la région du Masai Mara ces 18 dernières années. Un chiffre qui rassure Asuka Takita, vétérinaire japonaise ayant participé à la création de l’équipe de recherche canine : « Nous sommes la première ligne de défense […]. On empêche les braconniers de venir au Mara, du côté kényan ».

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En Afrique Du Sud, le ministère de l’environnement constatait en janvier dernier une légère baisse de braconnage des rhinocéros, preuve que la situation s’améliore mais qu’il faut persévérer dans la lutte pour la protection de l’espèce animale.

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