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Qu’est-ce que la « neige industrielle », qui nous est tombée dessus aujourd’hui ?

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Environnement

On l’appelle « neige industrielle » ou « neige urbaine », et elle est tombée sur Bruxelles aujourd’hui. Le phénomène est rare et nous vient pour l’occasion d’Allemagne.

Au chaud derrière une fenêtre isolante ou frappé par le froid dans les rues, les Bruxellois ne s’attendaient pas – ou peu – aux flocons légers qui n’ont pas manqué de détourner leur attention durant la journée. Virevoltant dans les courants d’air glaciaux, la neige n’était pas vraiment attendue : elle n’était pas visible sur les cartes météo jusqu’à cet après-midi. Surtout que de neige classique, il n’était pas question : difficile dès lors pour les météorologues de l’annoncer.

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Non, les averses glacées qui ont frappé le pays n’étaient pas tant dues à de véritables épisodes neigeux qu’à la pollution capturée par le froid ambiant. On l’appelle alors « neige industrielle », « neige urbaine », ou encore plus explicitement, « neige de pollution ». Ces flocons se forment lorsqu’il fait froid, qu’il y a peu de vent, et que l’on expérimente « une situation d’inversion », explique David Dehenauw de l’Institut royal de Météorologie (IRM) à la rédaction de la VRT. Une couche d’air chaud s’installant au-dessus d’une couche d’air froid peut mener à la formation de brume, qui vient se mêler à la condensation des usines et pots d’échappement. Dans des zones industrielles ou particulièrement urbaines, où s’accumulent les fameuses « particules fines », cette brume polluée peut se cristalliser en neige.

La faute à la Rhur

Ailleurs, aucun cristaux ne se forment : les conditions météorologiques ont beau être semblables, l’absence d’aérosols signifie également l’absence de neige, dans ce cas très précis, local – et plutôt rare, explique le site Futura Sciences. Celui du jour est né au-dessus des bassins industriels de l’Allemagne de l’ouest, selon le météorologue de l’IRM, et ne provient donc pas directement de nos centres urbains et industrialisés belges.

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©BELGA PHOTO PHILIPPE FRANçOIS – La neige tombée avait beau être blanche, elle était chargée en particules fines de pollution.

À l’œil nu, impossible de distinguer la « neige industrielle » des chutes glacées classiques : les flocons sont aussi blancs… que neige. « Les particules polluées sont tellement fines qu’elles n’interfèrent pas sur la cristallisation et donc, la couleur blanche est bien là », explique David Dehenauw. Il n’empêche qu’on évitera d’offrir sa bouche au ciel dans une déclaration d’amour à l’hiver : la pollution était bel et bien présente dans la neige d’aujourd’hui.

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