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Pollution de l’air : quand les écoles belges étouffent

222 écoles ont mesuré les concentrations de dioxyde d'azote (NO2) dans trois lieux différents : à l’entrée de l’école, dans la cour de récréation et dans une salle de classe. | © Pexels

Environnement

Dans trop d’écoles, la qualité de l’air est préoccupante, voire carrément mauvaise, malgré la vulnérabilité accrue des enfants à la pollution.

 

Quelque 61% des écoles belges présentent une inquiétante voire une mauvaise qualité de l’air. Celle-ci n’est bonne que dans 3% des établissements, annonce Greenpeace ce mercredi 14 mars, sur la base des résultats d’une étude auprès de 222 écoles.

Cours de récré polluées

Pour les besoins de cette étude menée entre novembre et décembre 2017 par le laboratoire spécialisé BuroBlauw, 222 écoles (64% en Flandre, 19% en Wallonie et 17% à Bruxelles) ont mesuré les concentrations de dioxyde d’azote (NO2) dans trois lieux différents : à l’entrée de l’école, dans la cour de récréation et dans une salle de classe. Il apparaît que 101 écoles enregistrent dans la rue des résultats de concentration annuelle de NO2 supérieurs à 20 µg/m3 (qualité médiocre), 29 sont au-delà de 30 µg/m3 (mauvaise qualité) et cinq au-delà du seuil légal européen de 40 µg/m3. La concentration en NO2 est supérieure de 13% pendant les heures scolaires, constate l’étude.

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« Nous avons choisi le dioxyde d’azote car c’est assez facile à mesurer et que c’est un très bon indicateur de la pollution générale », a expliqué Joeri Thijs, responsable mobilité chez Greenpeace. « Le trafic routier et en particulier les véhicules diesel sont les plus grands coupables de cette pollution », a-t-il indiqué en conclusion.

Dans 2% des cas (5 écoles), le seuil européen de concentration annuelle moyenne en NO2 est dépassé dès l’entrée de l’école. © Flickr : Philippa Willitts

Une qualité de l’air majoritairement « médiocre »

Comme le précisent nos confrères de La Libre Belgique, l’étude pointe plusieurs constats navrants, à l’intérieur comme à l’extérieur des écoles. Seulement 3% des écoles ont un air de relativement bonne qualité tandis que dans 2% des cas (5 écoles), le seuil européen de concentration annuelle moyenne en NO2 est dépassé dès l’entrée de l’école. Ceci, en sachant que près de la moitié des écoles (46%) présentent une qualité de l’air jugée « médiocre », contre 35% on l’on parle de « qualité acceptable ». Même à l’extérieur des écoles, la qualité de l’air est considérée comme préoccupante ou mauvaise dans 61 % des cas.

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Selon Greenpeace, les mesures prises actuellement contre le diesel (réajustement des accises, zones basses émissions à Bruxelles et Anvers notamment) vont dans la bonne direction, mais pas assez vite. « À Paris, le diesel sera banni en 2024 et la voiture à essence en 2030. Il existe des visions bien plus ambitieuses à l’étranger », a indiqué Liévin Chemin, expert en qualité de l’air et mobilité au BRAL (mouvement urbain pour un Bruxelles durable). “Il faut que les pouvoirs publics prennent enfin de vraies mesures pour réduire la quantité de gaz d’échappement à proximité des écoles et dans nos rues en général”, ajoute Netwerk Duurzame Mobiliteit.

Danger et sensibilité

L’étude lance un signal d’alarme, les enfants étant particulièrement sensibles aux effets néfastes de la pollution de l’air sur la santé. « Les enfants respirent également proportionnellement plus d’air malsain, en raison de leur poids corporel inférieur. Ils sont aussi plus exposés parce qu’ils sont plus actifs et inhalent plus d’air que les adultes », font remarquer les auteurs de l’étude et d’ajouter : « En classe, la pollution de l’air conduit également à un surcroît de problèmes d’apprentissage et de concentration.« 

Les enfants courent plus de risques de développer de l’asthme, des allergies, des infections pulmonaires et des cancers.

L’étude recommande également l’introduction de la « rue scolaire » fermée au trafic deux fois par jour, au début et à la fin de la journée d’école. Chaque établissement a reçu individuellement ses résultats et aura la possibilité d’interpeller les autorités locales via une pétition. Greenpeace mène cette campagne intitulée « Mon air, mon école » en collaboration avec La Ligue des familles, le BRAL, l’école de santé publique de l’ULB et l’association flamande de santé respiratoire et de lutte contre la tuberculose (VRGT).

 

 – Avec Belga

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