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Le procédé bien huilé des braconniers pour tuer des millions d’oiseaux

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Les autorités font très peu pour arrêter le massacre. | © Pexels

Environnement

Pour attirer et capturer des millions d’oiseaux, les braconniers iraniens n’hésitent pas à créer des lacs entiers. 

En Iran, la chasse aux oiseaux migrateurs tourne au massarce. Sur les terres humides de Fereydunkenar, site unique de préservation de la faune iranienne, un million d’oiseaux sauvages sont abattus chaque année, en toute illégalité. Un braconnage d’un niveau industriel exécuté par des réseaux organisés qui bénéficient d’un quasi laisser faire des autorités, rapporte France 24.

Pour arriver à de tels chiffres, les braconniers construisent des lacs artificiels et des marécages pour capturer leurs proies. « Pour ce faire, ils creusent des canaux pour dévier une partie du cours d’une rivière, d’un canal qui sert aux agriculteurs, de marécages ou même depuis les canaux d’évacuation des déchets d’une usine de sucre de la région », explique Reza Nikfalak, un activiste environnemental au Khuzestan, dans le sud-ouest de l’Iran. Résultat : des zones humides ou des lacs peu profonds qui peuvent faire de 30 à 200 hectares, sur lesquels les braconniers ont déposé des filets.

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Une technique cruelle

Pour attirer les oiseaux, les braconniers choisissent un endroit calme et mettent de la nourriture en masse, essentiellement des graines, sur le terrain qu’ils vont inonder. Un piège facile et efficace. Une fois que le braconniers estiment que les oiseaux capturés sont assez nombreux, ils n’ont plus qu’à rabattre leurs filets. Les volatiles sont ensuite vendus sur des marchés locaux pour leur chair ou pour des collectionneurs.

Fin février, des activistes ont publié des images témoignant de la cruauté de cette chasse massive. Les oiseaux apparaissent coincés et souffrant, du sang est visible sur l’eau.

« Le braconnage est un système qui fait vivre beaucoup de monde ici »

Malgré les interdictions, les braconniers n’ont aucun problème à vendre ces oiseaux, rapporte France 24. « Entre 1,2 et 2 millions d’oiseaux sont vendus dans la région chaque année », analyse Reza Nikfalak qui a réalisé un sondage en prenant compte des oiseaux migrateurs et sédentaires.

Si l’Iran a augmenté les amendes infligées pour braconnage en 2016, la direction de l’Environnement du Khuzestan est claire : elle n’a ni les ressources financières, ni les ressources humaines pour mettre fin à ces pratiques. Dans cette région, la zone où se retrouvent les oiseaux est immense, plus de 58 000 hectares, selon France 24. Son contrôle nécessiterait plus de moyens.

La direction locale environnementale a également déclaré avoir besoin du soutien de la population. Pour l’activiste Reza Nikfalak, cela ne risque pas d’arriver. « Le braconnage est un système qui fait vivre beaucoup de monde ici, si la police démantèle les réseaux, beaucoup de gens perdraient leur source de revenus et se retrouveraient plus pauvres encore alors que cette région n’est déjà pas favorisée ». Les activistes tirent eux la sonnette d’alarme. Si rien n’est fait rapidement, certaines espèces migratrices menacées d’extinction pourraient disparaître très bientôt.

Mots-clés:
Iran braconnage oiseaux
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