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Pour lutter contre les dépôts sauvages, les canettes seront bientôt consignées

Image d'illustration. | © EPA

Environnement

Un projet-pilote va être lancé en Wallonie pour consigner les canettes. Objectif : lutter contre les dépôts sauvages, qui abîment la nature.

 

La Wallonie pourrait être la première région du pays à se prononcer sur le sort des canettes. En effet, un projet-pilote va voir le jour dans une quinzaine de communes d’ici la mi-2018. Ce projet, voté aujourd’hui au parlement wallon, ne prendra pas la forme d’une consignation mais bien d’une prime de retour que paiera Fost-Plus, l’organisme privé qui finance la collecte sélective, le tri et le recyclage des déchets d’emballages ménagers. La prime de retour sera de cinq centimes – sans modification du prix de vente de la canette – à chaque canette usagée rendue dans une machine placée dans un lieu public (ou un commerce). D’après Carlo Di Antonio (CDH), ministre wallon de l’Environnement, le projet vise « les canettes abandonnées en bord de route, que les mouvements de jeunesse par exemple pourraient récolter, mais on sait qu’il y aura aussi un effet de collecte à la maison ». Une proposition de résolution demandant au gouvernement wallon d’organiser, après évaluation des projets pilotes à la mi-2020, la généralisation d’un système de consignation des canettes, a également été votée.

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Le débat sur les canettes consignées ne date pas d’hier. On en parlait déjà en 2011, en 2014 et encore en 2015. Pourquoi ça a traîné ? Les Régions avaient voulu donner du temps aux secteurs industriel, commercial et de gestion de déchets pour mettre en place des initiatives de prévention, d’éducation du public (opérations de propreté) ou des projets pilotes de récolte, tout en veillant à se réserver l’épée de Damoclès de la consigne. Mais cette menace a reçu du plomb dans l’aile dernièrement, lorsque la N-VA s’est opposée à la consigne en Flandre. Au sud du pays, MR et cdH avaient convenu de s’en tenir à un projet pilote dans leur accord de majorité, afin d’évaluer l’intérêt de la consigne et de prévenir d’éventuels effets pervers, notamment sur le petit commerce.

Le consommateur est favorable à la consigne

Selon une enquête menée l’an dernier par Test-Achats auprès de 1.150 personnes, deux consommateurs sur trois sont favorables à l’instauration d’un système de consigne sur les cannettes et les bouteilles plastiques et presque 90% se disent prêts à les rapporter au supermarché afin de récupérer cette consigne. Forte de ces résultats, l’organisation de défense des consommateurs avait adressé une lettre ouverte aux bourgmestres du pays afin de plaider pour l’instauration d’un tel système. « Les consommateurs interrogés savent pertinemment bien que rapporter leurs cannettes et bouteilles en plastiques au supermarché pour récupérer leur consigne exigera d’eux un effort supplémentaire. Mais les gens en ont marre d’aller se promener le dimanche sur des chemins le long desquels cannettes et bouteilles et plastiques s’entassent », leur avait notamment écrit l’association de défense des consommateurs.

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Il y a plus de 5 ans, l’Office wallon des déchets avait mené une étude d’impact, estimant que la consigne serait favorable d’un point de vue environnemental (réduction de la production d’aluminium) et social (réduction des déchets sauvages) mais défavorable d’un point de vue économique (coûts logistiques des cannettes, coûts salariaux liés à la mobilisation du personnel des points de vente pour la gestion des retours des canettes…).

L’estimation du coût, pris en charge par Fost-Plus, serait de 250.000 euros pour deux ans (équipement, suivi, études, etc.), plus la partie variable non encore mesurable des 5 centimes par canette.

(Avec Belga)

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