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Plus aucune excuse pour ne pas choisir la voiture électrique

La Suède a mis au point un rail de charge pour les véhicules éléctriques. Il pourra être installé sur n'importe quelle route. | © ©AFP

Environnement

Une route capable de recharger les véhicules électriques : non, ce n’est pas une fiction, la Suède est parvenue à relever le défi.

Au nord de la capitale suédoise, sur un tronçon de deux kilomètres entre l’aéroport international de Stockholm-Arlanda et la zone logistique de Rosenberg, une toute nouvelle route high-tech a été inaugurée le 11 avril dernier : l’eRoadArlanda. Le camion électrique vert et blanc de la société de logistique PostNord s’y engage. Les capteurs du véhicule repèrent le rail miniature qui traverse la bande de circulation. Le patin fixé sous le châssis se déploie et vient se connecter au rail. Les batteries du poids lourd se mettent en charge, aux frais de l’utilisateur du véhicule. Un dépassement ? Le contact est rompu automatiquement.

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Le premier test est réussi. L’objectif est maintenant de vérifier le fonctionnement de l’eRoadArlanda pendant deux ans, sous des conditions normales de trafic et à l’épreuve de la météo changeante. À terme, la Suède espère doter 20 000 kilomètres de route de ces rails de recharge. Une opération coûteuse puisqu’un kilomètre de chaussée électrique coûte environ un million d’euros, soit 50 fois moins cher que la construction de lignes de tramways, par exemple.

 

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Une solution contre la pollution ?

Avec cette nouvelle technologie, la Suède pourrait résoudre l’un des plus gros problèmes que posent les véhicules électriques : leur batteries. Celles-ci sont en effet polluantes à souhait et ne disposent que d’une faible autonomie. Si, dans un futur proche, il devient possible de recharger les véhicules électriques en route, nous n’aurons donc plus besoin de tant de Lithium-Ion, cet élément rare, cher, instable et polluant qui produit plus de densité énergétique.

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Mais qui dit voiture électrique dit augmentation de la demande en électricité. Or en Belgique, selon les données du gestionnaire de réseau Elia, environ 90% de celle que l’on consomme est d’origine fossile ou nucléaire et donc à la source d’émission de polluants. Alors, si ce type de véhicule se popularise, le réseau devra adapter ses systèmes de production et d’organisation pour satisfaire une demande croissante. On se rend alors compte que la transition des moteurs thermiques aux moteurs électriques ne va pas supprimer les émissions polluantes mais risque de simplement les déplacer vers les lieux de production.

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