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Les scientifiques veulent moins de pets de vaches pour sauver le climat

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Environnement

Et si la lutte contre le réchauffement climatique résidait dans l'(absence de) pets des bovidés ?

Le long de la route, elles ruminent. Bien que probablement inconscientes du sort qui les attend - un abattoir, dans la majorité des cas - les vaches préparent lentement leur vengeance contre le sort : une série de gaz émis dans l'atmosphère, sous la forme de flatulences régulières. Et le méthane qu'elles produisent a un impact direct sur le climat : le bétail mondial est responsable de 14,5% de l'effet de serre mondial selon l'organisation mondiale de l'agriculture et de l'alimentation.

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Avec quelques 600 000 bovidés rien qu'en Belgique, c'est certain, cela en fait des pets et des renvois mortifères pour la planète. Mais c'est sans compter l'ambition de certains scientifiques, qui voudraient "reprogrammer" les vaches afin qu'elles cessent d'éructer autant - puisque l'humanité ne semble pas prête à arrêter de consommer du bœuf ou ses dérivés. Et cette "mutation" passera par l'estomac du bétail lui-même, à en croire le magazine Wired.

©Unsplash/Gary Rockett

En Australie par exemple, on tente de mettre les vaches au "régime de la mer" pour diminuer les methanogènes présents dans leur corps et responsables de cette production insensée de méthane. Les chercheurs de l'Université de Cook tentent actuellement une nouvelle procédure à base d'algues : en nourrissant des estomacs synthétiques de vaches, ils ont découvert que l'herbe marine rouge permettait de réduire jusqu'à 20% le méthane expulsé par les bovidés.

Les scientifiques danois, persuadés que les vaches ne pourront se passer de l'herbe fraiche de leurs pâtures, expérimentent de leur côté la synthèse d'un "super gazon" capable de nourrir le bétail avec les mêmes nutriments, mais d'être à l'origine de moins de gaz. Aux États-Unis, à l'Université de Penn State, on s'attaque directement aux intestins des ruminants, en leur administrant une enzyme capable de les faire éructer jusqu'à 30% de moins, en limitant leur production de méthane.

Chassez le naturel, il revient au galop

Mais ces altérations microbiologiques n'ont pour l'instant d'effet que le temps qu'elles durent : dès que la vache pâture à nouveau "naturellement », elle reprend sa cadence de pets néfastes pour l'environnement.

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"Jusqu'ici, la meilleure solution semble être la moins humaine », estime Wired : modifier complètement l'alimentation des bovidés en ne les nourrissant plus que de maïs, comprenant bien moins de fibres. Sauf que cela signifie des vaches en moins bonne santé, une viande de qualité moindre, et surtout, un régime totalement contre-nature. C'est d'une logique certaine : lorsqu'il vit moins longtemps, notre bétail produit moins de gaz. Pas sûr pour autant qu'une lutte contre le réchauffement climatique idéale doive passer par une annihilation complète du caractère-même de la nature.

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