Paris Match Belgique

Le rhinocéros blanc du Nord pourrait ne pas disparaître grâce à la fécondation in vitro

À l'heure actuelle, il n'y a plus que deux femelles en vie, Najin et sa fille Fatu. | © Reporters

Environnement

En mars, la mort du dernier mâle existant laissait craindre le pire pour cette espèce de rhinocéros. Mais des scientifiques pensent avoir trouvé la solution avec la reproduction in vitro.

C’était le 19 mars dernier. Sudan rendait son dernier souffle au Kenya. À 45 ans, le dernier rhinocéros blanc du Nord mâle laissait derrière lui deux femelles, Najin et Fatu, sa fille et sa petite-fille. De quoi sceller le sort de cette espèce ? Pas tout à fait. La réponse potentielle : la reproduction in vitro explique Futura Planète.

Une route semée d’embûches

Grâce à divers échantillons – sperme, peau, gencives ou encore testicules – récoltés de son vivant, des scientifiques du monde entier sont bien décidés à redonner un second souffle à cette sous-espèce de rhinocéros, décimée à cause d’un braconnage incessant. Une volonté de fer qui les anime depuis 2015. La fécondation in vitro est donc la piste privilégiée. Mais la route est semée d’embûches, les ovules étant difficiles à prélever chez les femelles. « Il faut effectuer une ponction avec une sonde à ultrasons et une aiguille, ce qui peut être assez traumatisant », explique Jan Stejskal, directeur de la communication d’un zoo tchèque où Sudan a vécu.

Lire aussi > Le dernier rhinocéros blanc du Nord mâle est mort

La solution ? Opter pour des femelles d’une autre sous-espèce de rhinocéros – ceux du Sud, plus nombreux – pour qu’elles reçoivent le sperme de Sudan. Et donnent vie à une race hybride. La sélection naturelle se chargeant du reste souligne Mashable.

Le juste prix

Si l’espoir est bien réel, il existe aussi un obstacle de taille : le prix. Une opération de ce type s’élèverait à quelque 9 millions d’euros. De quoi inquiéter certains scientifiques qui estiment que l’argent serait plus utile ailleurs. Au niveau des lois anti-braconnage, notamment. Une approche moins scientifique qui aurait permis à la population des rhinocéros noirs de doubler depuis 1995 avance le Guardian. Mais si cette technique porte ses fruits, elle pourrait profiter à d’autres espèces menacées d’extinction…

CIM Internet