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La première centrale nucléaire flottante du monde a pris la mer

La première centrale nucléaire flottante est passée au large du Danemark. | © The world's first floating nuclear power plant, Russian "Academy Lomonosov", passes by the island of Langeland, off the coast of Spodsbjerg in Denmark, on May 4, 2018 as it is pulled through the Baltic AFP PHOTO / Ritzau Scanpix / Tim KILDEBORG JENSEN

Environnement

Un projet qui doit permettre d’alimenter les régions reculées mais inquiète les organisations écologistes.

La Russie a présenté samedi la première centrale nucléaire flottante au monde lors d’une cérémonie pour son amarrage à Mourmansk, port du Grand nord. Bâti à Saint-Pétersbourg, l’Akademik Lomonossov s’est amarré samedi dans le port de Mourmansk et a été présenté à la presse samedi. Il doit y être chargé en combustible nucléaire avant de rejoindre sa destination finale, une région reculée de Sibérie orientale.

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Construit par le conglomérat public russe Rosatom, ce bloc flottant massif de 144 mètres de long et 30 de large comporte deux réacteurs d’une capacité de 35 MW chacun (contre plus de 1 000 MW pour les réacteurs de nouvelle génération), proches de ceux utilisés par les brise-glace. Dépourvue de moteur, cette barge de 21 000 tonnes sera remorquée à l’été 2019 jusqu’au port de Pevek, dans le district autonome de Tchoukotka, dans l’Extrême-Orient russe, à 350 km au nord du cercle arctique.

« Vide » jusqu’à Mourmansk

Elle pourra ainsi alimenter la population locale mais surtout des plateformes pétrolières dans cette zone où la Russie veut développer la production d’hydrocarbures. Elle remplacera notamment une centrale nucléaire et une centrale de charbon obsolètes. « Les centrales nucléaires flottantes vont permettre d’alimenter en électricité et en chaleur les régions les plus reculées, soutenant ainsi la croissance et le développement durable« , soutient Vitali Troutnev, chargé de la construction et de l’exploitation des centrales nucléaires flottantes de Rosatom, qui affirme que près de 50 000 tonnes de CO2 pourront être économisées chaque année.

©AFP PHOTO / Ritzau Scanpix / Tim KILDEBORG JENSEN

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La barge devait initialement être chargée en combustible nucléaire à Saint-Pétersbourg puis traverser chargée les eaux proches de pays européens. Cela avait suscité les inquiétudes des ONG et des pays riverains, notamment scandinaves, et il a été décidé de ne la charger qu’à Mourmansk.

Avec Belga

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