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Bruxelles n’a pas quitté le 20e siècle en termes de mobilité

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À Bruxelles, près de 45 déplacements sur 100 s'effectuent en voiture. | © BELGA PHOTO THIERRY ROGE

Environnement

Bruxelles termine dans le fond d’un classement sur la mobilité durable et la qualité de vie de treize grandes villes européennes. 

Prépondérance de la voiture, gestion globale de la mobilité insuffisante, faibles transports en commun, conditions de circulation peu favorables aux cyclistes… C’est ce que reproche à Bruxelles l’étude réalisée par l’Institut allemand Wuppertal pour le compte de Greenpeace. Dans le cadre de cette enquête sur la mobilité durable et la qualité de vie, l’Institut a examiné treize grandes villes européennes dont la capitale belge. Résultat peu joyeux : Bruxelles se classe huitième sur treize, derrière Paris. Les premiers du classement sont Copenhague, Amsterdam et Oslo. Et les derniers : Rome, la pire élève, Moscou ainsi que Londres et Berlin, ex-aequo à la 10e place.

Pour arriver à un tel résultat, l’Institut a analysé cinq catégories d’indicateurs : la performance des transports publics, la mobilité active, la sécurité routière, la qualité de l’air et la gestion publique de la mobilité. Hormis la qualité de l’air où elle arrive à la deuxième place, ex aequo avec Zurich, Vienne et Copenhague, Bruxelles se place parmi les cinq bons derniers dans toutes les autres catégories, la pire place étant la 11e concernant les transports publics et la gestion de la mobilité.

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La voiture, la reine de la capitale

« Bruxelles se croit toujours au 20e siècle, dénonce Joeri Thijs, expert Transport et Mobilité de Greenpeace. Les politiciens et les lobbies automobiles ont fait de la voiture la reine de notre capitale et trop peu est actuellement fait pour la détrôner, malgré l’impact reconnu des voitures à combustible sur l’environnement et sur notre santé à tous, et surtout sur celles de nos enfants ». En effet, l’étude affirme que 43,40% des déplacements à Bruxelles sont effectués en voiture. Seule Rome fait pire, mais dans la capitale italienne qui regorge de scooters, les deux moyens de locomotion figurent dans la même catégorie.

Côté transport en commun, il n’y a que trois capitales européennes où on les utilise, proportionnellement, moins qu’à Bruxelles, précise Greenpeace : Copenhague, Amsterdam et Berlin. Mais ce sont des villes où l’on se déplace entre 4 et 10 fois plus souvent en vélo que dans notre capitale.

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La zone de basse émission comme tremplin

« Si le gouvernement de la Région bruxelloise veut sortir du 20e siècle, il doit utiliser sa zone de basse émission comme un tremplin pour imposer une date de fin à la présence de voitures diesel, puis essence, sur son territoire, comme Paris l’a déjà fait, suggère Joeri Thijs. Et se coordonner avec les communes bruxelloises pour mettre en place des infrastructures sûres pour les cyclistes et les piétons, améliorer et intégrer les transports publics et dissuader l’utilisation de voitures à moteur combustible ». « Notre capitale, comme toutes nos villes, doivent redevenir à taille humaine et plus à taille automobile », conclut Joeri Thijs.

« Les conclusions de ce rapport sont exactes, évidemment. J’y vois un encouragement à la politique que j’essaie de mener : faire de Bruxelles une ville pour les gens plutôt que pour les voitures », a commenté le ministre bruxellois de la Mobilité, Pascal Smet à Belga.

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