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Pourquoi les animaux des villes rétrécissent

La plupart de la faune présente en ville à tendance à diminuer de taille. | © Pexels

Environnement

C’est prouvé : la faune urbaine devient de plus en plus petite. Un rétrécissement qui n’est pas sans risque pour nos écosystèmes futurs.

L’urbanisation entraine des changements de taille corporelle dans les communautés animales, ressort-il d’une étude menée par une équipe internationale de chercheurs en écologie, dirigée par l’université catholique de Louvain (UCL) et publiée mercredi dans la revue scientifique Nature. Les chercheurs ont observé un échantillon de 95 001 animaux appartenant à 702 espèces dans 81 sites en région bruxelloise et en Flandre. Sur les dix groupes d’animaux testés, la majorité des espèces les plus petites deviennent dominantes. Un phénomène lié à la température ambiante.

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La température ambiante, plus élevée en milieu urbain, entraîne ce que les chercheurs appellent le phénomène d' »îlot de chaleur urbain ». Ce dernier favorise une taille corporelle plus petite, car il augmente les coûts liés au métabolisme. Les groupes d’animaux parmi lesquels ces changements ont été observés sont notamment les araignées, les coléoptères ou encore les microscopiques rotifères.

©Unsplash – Armando Tobar

Quand la taille compte

La tendance s’inverse cependant pour trois groupes d’animaux : les papillons de jour et de nuit, ainsi que les sauterelles. Chez eux, la taille corporelle est positivement liée à la mobilité. Plus concrètement, les communautés urbaines sont ici modelées par le degré de fragmentation de l’habitat, qui augmente fortement avec l’urbanisation. Les chercheurs ont remarqué, en comparant des sites non-urbains et très urbanisés, que la taille corporelle des papillons et sauterelles augmente de 14% dans les sites très urbanisés, alors que les autres groupes d’animaux montrent une diminution de taille de 16%.

La perte de certaines espèces aura un impact important sur le fonctionnement des écosystèmes urbains étant donné que la taille corporelle détermine la dynamique des interactions écologiques. Ce genre d’étude est essentiel pour concevoir des villes avec des impacts moindres sur la biodiversité, estiment les chercheurs.

Avec Belga

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