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La cocaïne, nouveau fléau de la faune aquatique

Quand l’homme consomme de la cocaïne, celle-ci se retrouve ensuite diluée dans l’eau des rivières via l’urine et les selles. Une conséquence qui s’avère dévastatrice pour les anguilles.

Environnement

Une nouvelle étude pointe du doigt les dégâts de la drogue consommée par l’homme chez les anguilles.  

Des effets secondaires dévastateurs. Quand l’homme consomme de la cocaïne, celle-ci se retrouve ensuite diluée dans l’eau des rivières via l’urine et les selles. Une conséquence qui s’avère terrible pour les anguilles. C’est le constat alarmant de scientifiques italiens dans une étude publiée au début du mois de juin.

Expériences avec la drogue

En 2011 déjà, l’équipe d’Anna Capaldo, chercheuse à l’université de Naples, avait remarqué que certaines anguilles européennes avaient des traces de cocaïne dans leurs tissus. Ce premier constat a donné lieu à diverses expérimentations pour évaluer pleinement cette menace. Les scientifiques ont placé 150 anguilles dans des aquariums durant 50 jours. Une partie évoluait dans une eau normale, une autre dans une eau saturée de 20 nanogrammes de cocaïne par litre, explique Mashable. Elles étaient ensuite replacées dans une saine durant 3 à 10 jours.

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Une espèce menacée ?

Alors qu’elles étaient encore vivantes, celles confrontées à la drogue présentaient des signes clairs d’hyperactivité. Et après dissection, les anguilles droguées ont révélé l’ampleur des dégâts subis qu’elles avaient subis. Leurs muscles étaient grandement touchés, et certaines fibres musculaires même déchirées. « Cette étude montre que même de petites concentrations de cocaïne portent atteinte à la morphologie et à la physiologie des muscles et du squelette des anguilles argentées, confirmant l’impact nocif de la cocaïne dans l’environnement, ce qui pourrait affecter la survie de l’espèce », expliquent les auteurs, dont les propos ont été traduits par Slate.

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Les moules américaines accros aux antidouleurs

Aux États-Unis des moules ont également été testées positives à l’oxycodone, un analgésique très puissant. Des traces également provoquées par les déjections humaines, et qui font écho à une forte addiction aux opioïdes chez les Américains. Aux États-Unis, les prescriptions abusives d’antidouleurs – comme l’OxyCodin – ont en effet explosé ces dernières années. Et la faune aquatique en paye le prix.

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