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Une entreprise veut faire fondre des icebergs pour faire face à la pénurie d’eau potable

iceberg penurie d'eau

Tracter un iceberg tel un glaçon pour en faire de l'eau potable, vraiment ? | © Unsplash / Jay Ruzesky.

Environnement

Une société du Moyen-Orient projette de tracter des icebergs depuis l’Antarctique jusqu’aux régions les plus arides du monde, pour transformer ceux-ci en grandes quantités d’eau potable.

Un pari fou mais également une vieille idée qui date des années 1970. Pour faire face à la pénurie d’eau, pourquoi pas tracter des icebergs depuis l’Antarctique jusqu’aux régions qui manquent cruellement d’eau, et les faire fondre pour en tirer de l’eau potable ? C’est le pari fou d’une société installée aux Émirats arabes unis, pays concerné par la sécheresse qui frappe de plus en plus certaines parties du monde.

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De Miami à Bangalore en Inde, certaines des plus grandes villes du monde manquent d’eau potable car la demande dépasse tout simplement l’offre. Pour Cape Town, en Afrique du Sud, la crainte du « Zero Day » se fait sentir depuis trois ans. Le « Zero Day », c’est le jour où plus une seule goutte d’eau ne coulera du robinet. De l’autre côté de l’océan Indien, l’Australie fait face à une des plus grandes sécheresses de son histoire.

Cape Town, en Afrique du Sud, toujours plus proche du « Zero Day ». © Unsplash / Dan Grinwis.

« Si on arrive à concrétiser ce projet, nous serons en mesure de résoudre un des plus grands problèmes de l’humanité », explique à NBC News Abdulla Alshehi, l’homme à l’origine de cette idée folle et créateur de l’entreprise émiratie à l’origine du projet. Selon Abdulla Alshehi, plus d’un milliard de personnes n’ont pas accès à l’eau potable et d’ici 2050, la moitié de la population mondiale fera face à des pénuries d’eau.

Des projets faramineux

D’ici novembre, l’entreprise va débuter une étude pilote en utilisant de l’imagerie par satellite pour trouver un iceberg adapté, l’attraper avec des filets et des chaînes, pour ensuite le tracter avec une flotte de petits bateaux jusqu’aux côtes australiennes ou sud-africaines.

L’idée n’est pas nouvelle et une autre entreprise experte en sauvetage maritime, par l’intermédiaire de son patron Nick Sloane, a émis la même idée en mai. Nick Sloane, c’est l’homme qui dirigea l’équipe de sauvetage et de renflouement du paquebot Costa Concordia en janvier 2012.

La sécheresse a également touché toute l’Europe cet été. © AFP PHOTO / Daniel LEAL-OLIVAS

Reste que ces projets faramineux ont un coût. Les estimations sont de 60 millions de dollars pour le premier et 100 millions de dollars pour le second. Un autre paramètre, et non des moindres, est à prendre en compte : la catastrophe environnementale que ces opérations causeraient.

Détruire pour sauver des vies ?

On sait que depuis 2012, 219 milliards de tonnes de glace fondent annuellement en Antarctique. Une situation catastrophique qui ne cesse d’être mise en évidence dans divers rapports et études. Il paraît donc assez problématique d’aller s’approvisionner du côté d’un continent en péril pour résoudre les problèmes d’un autre, et ce même s’il en va directement de la qualité de vie – et de la santé – de millions d’être humains.

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Autres facteurs à prendre en compte, la consommation de pétrole engendrée par les remorquages et les risques potentiels pour les écosystèmes marins. Et si, au lieu de créer des projets toujours plus grandioses, les régions concernées commencaient par changer leurs habitudes de consommation, en recyclant les eaux usées ou en dessalinisant l’eau de mer ?

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