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Les abeilles, elles aussi victimes du glyphosate

Abeille

L'utilisation du glyphosate ne nuit pas qu'aux hommes. | © Patrick Pleul/Dpa-Zentralbild

Environnement

Alors que la récente interdiction européenne de certains pesticides détruisant les ruches avait de quoi nous rendre plus optimistes sur la survie des butineuses, des scientifiques ont découvert qu’elles étaient, elles-aussi, victimes du glyphosate

 

Malgré la victoire historique d’un jardinier californien contre Monsanto cet été, le glyphosate continue de faire des victimes. Une étude de l’Académie des sciences américaines publiée ce lundi 24 septembre a en effet révélé que l’utilisation du glyphosate ne nuit pas qu’aux êtres humains : il aurait aussi un effet néfaste sur la flore intestinale des abeilles, les rendant vulnérables aux infections et aux modifications de leur environnement. Facteur qui pourrait « contribuer à l’accroissement largement inexpliqué de la mortalité des colonies d’abeilles », résume l’Obs.

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Le processus du glysophate vise à empêcher la production d’une enzyme présente dans les mauvaises herbes. Le problème, est que cette enzyme se retrouve aussi dans d’autres micro-organismes. Notamment des bactéries composant la flore intestinale des abeilles, comme le révèlent les biologistes Erick Motta, Kasie Raymann et Nancy Moran.

Une explication à l’accroissement de la mortalité des ouvrières

Les scientifiques expliquent que la flore intestinale des ouvrières est dominée par « huit espèces de bactéries qui promeuvent le gain de poids et réduisent la sensibilité aux pathogènes ». En étudiant les effets du glyphosate sur ces dernières, ils concluent que le gène qui produit l’enzyme visé par le glyphosate est « présent chez pratiquement toutes ces bactéries indispensables à la bonne santé des abeilles« même si leur sensibilité varie.  Leurs tests ont montré que le glyphosate réduit la présence de ces huit bactéries, rendant les abeilles plus « favorables aux infections ».  Facteur qui pourrait « contribuer à l’accroissement largement inexpliqué de la mortalité des colonies d’abeilles ». En effet, ils ont aussi observé une différence de mortalité chez les ouvrières exposées au glyphosate et aux bactéries infectieuses par rapport à celles dont la flore intestinale n’avait pas été affaiblie par l’herbicide.

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À quel point les abeilles ont-elles été touchées ? Ce n’était pas l’objet de l’étude. Mais, rappelle L’Obs, cette révélation a de quoi inquiéter si l’on prend pour exemple des cas précédents. Les néonicotinoïdes, pesticides « tueurs d’abeilles », interdits par l’Union européenne à partir de 2019, ont récemment été détectés dans quasiment tous les miels de la planète.

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