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Pourquoi les touristes de Boracay devront désormais se tenir à carreau

En haute saison, 40 000 touristes se prélassaient sur les plages de sable blanc et nageaient dans ses eaux cristallines de Boracay. Un chiffre qui appartient désormais au passé. | © Instagram : @mikeyspictures

Environnement

Aux Philippines, l’île devenue « fosse sceptique » et récemment nettoyée de Boracay impose un nouveau règlement à ses visiteurs. Et oui, la fête est bien finie.

 

Cet article originellement publié le 4 octobre 2018 a été mis à jour, suite à la réouverture officielle de l’île des Philippines aux visiteurs ce vendredi 24 octobre.

 

Alors que le sort de la plage thaïlandaise de Maya Bay vient d’être révélé, c’est au tour de l’île de Boracay d’imposer son nouveau règlement.

Fermée aux touristes depuis avril dernier par le président Rodrigo Duterte, accusant les hôtels et les bars de déverser directement leurs eaux usées dans la mer, l’île paradisiaque devenue « fosse sceptique » a officiellement rouvert aux touristes ce vendredi 26 octobre. Mais après six mois de grand nettoyage, les visiteurs devront néanmoins se plier à de nouvelles règles.

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Bien qu’elle reste une destination touristique prisée depuis près de 50 ans (réputée pour ses fêtes débridées), l’île située au sud de Manille aux Philippines se verra contrainte de limiter le nombre de visiteurs à 19 000 personnes, qui ne pourront plus boire ni fumer sur les plages, ont annoncé les autorités ce mercredi.

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Les gigantesques fêtes de plage qui attirent des dizaines de milliers de personnes devraient être supprimées, a prévenu le sous-secrétaire de l’environnement. © EPA/ROLEX DELA PENA

Une île propre et moins bondée

Parmi les premiers touristes arrivés vendredi, certains étrangers n’avaient jamais auparavant mis les pieds à Boracay, et étaient attirés par la perspective d’une île propre et moins bondée. « Quand je voyais les photos des touristes à Boracay comme des sardines dans une boîte, je n’avais pas du tout envie de venir », a raconté à l’AFP Josef Fuchs, un Allemand de 61 ans. « Mais je pense que je vais pouvoir passer quelques jours sympas ici ».

Jadis destination de routards, la petite île de l’archipel des Visayas, dont les plages sont régulièrement classées par certains magazines de voyage comme les plus belles au monde, ne mesure que 10 kilomètres carrés. Elle s’est métamorphosée au fil des décennies pour accueillir dernièrement jusqu’à deux millions de visiteurs par an. En haute saison, 40 000 touristes pouvaient séjourner en même temps sur l’île. Si le tourisme a généré un milliard de dollars de chiffre d’affaires par an, il a aussi entraîné l’accumulation de montagnes de détritus dépassant largement ses capacités d’assainissement, ainsi qu’une atmosphère de fête permanente que le gouvernement ne goûte plus.

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Désormais, l’île n’aura plus le droit d’accueillir plus de 19 200 touristes en même temps, un quota que les autorités comptent faire respecter en contrôlant notamment l’offre hôtelière de l’île. Le gouvernement a également chassé du littoral cracheurs de feu, masseuses, vendeurs ambulants, chiens errants et même les bâtisseurs de châteaux de sable emblématiques de l’île. Des constructions sauvages ont été rasées pour créer une servitude de passage de bord de mer large de 30 mètres.

Avec Belga

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