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Pourquoi les touristes de Boracay devront désormais se tenir à carreau

En haute saison, 40 000 touristes se prélassaient sur les plages de sable blanc et nageaient dans ses eaux cristallines de Boracay. Un chiffre qui appartient désormais au passé. | © Instagram : @mikeyspictures

Environnement

Aux Philippines, l’île devenue « fosse sceptique » et récemment nettoyée de Boracay impose un nouveau règlement à ses visiteurs. Et oui, la fête est bien finie.

 

Alors que le sort de la plage thaïlandaise de Maya Bay vient de tomber, c’est au tour de l’île de Boracay de voir son avenir s’assombrir.

Fermée aux touristes depuis avril dernier par le président Rodrigo Duterte, accusant les hôtels et les bars de déverser directement leurs eaux usées dans la mer, l’île paradisiaque devenue « fosse sceptique » prépare sa réouverture prévue à la fin du mois. Mais après six mois de grand nettoyage, l’île se doit d’imposer un nouveau règlement.

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Bien qu’elle reste une destination touristique prisée depuis près de 50 ans (réputée pour ses fêtes débridées), l’île située au sud de Manille aux Philippines se verra contrainte de limiter le nombre de visiteurs à 19 000 personnes, qui ne pourront plus boire ni fumer sur les plages, ont annoncé les autorités ce mercredi.

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Les gigantesques fêtes de plage qui attirent des dizaines de milliers de personnes devraient être supprimées, a prévenu le sous-secrétaire de l’environnement. © EPA/ROLEX DELA PENA

La fête est finie

Boracay accueillait chaque année environ deux millions de visiteurs. En haute saison, 40 000 touristes se prélassaient sur ses plages de sable blanc et nageaient dans ses eaux cristallines. « Nous voulons des plages propres », a déclaré le sous-secrétaire à l’Environnement Sherwin Rigor à la télévision ABS-CBN. « Il y a plus de gens qui veulent des activités familiales ». Le gouvernement philippin a imputé à la fermeture de Boracay un net ralentissement de l’économie au deuxième trimestre mais Rodrigo Duterte a déclaré que le nettoyage du site en valait la peine. Les touristes, parmi lesquels un nombre croissant de Chinois et de Sud-Coréens, avaient injecté en 2017 environ un milliard de dollars dans l’économie de l’archipel.

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Les hôtels, bars et restaurants les pieds dans l’eau ont été démolis afin d’établir une bande de sable vierge de 30 mètres de large entre la mer et les infrastructures. Il sera interdit de boire de l’alcool et de fumer dans ces zones. Les mariages, la vente ambulante et les massages y seront également interdits, a ajouté M. Rigor. Les gigantesques fêtes de plage dites « Laboracay » organisées autour du 1er mai, qui attirent des dizaines de milliers de personnes, devraient également appartenir au passé, a ajouté le ministre. Le nombre des chambres d’hôtel sera restreint à 6 000, soit la moitié du total. Les autres ferment pour cause de non respect des règles, environnementales notamment. Car désormais, les hôtels de l’archipel auront l’obligation de créer leurs propres infrastructures de traitement des eaux usées. Acheminant les détritus quotidiennement par bateau jusqu’à une décharge. De quoi offrir une seconde vie à l’une des plus belles plages d’Asie.

 

Avec Belga

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