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Comment vivre sans plastique ? 12 réponses pratiques

Une montagne de déchets plastiques en Thaïlande. | © EPA/RUNGROJ YONGRIT

Environnement

Julie Sauvêtre a 25 ans, elle est en charge du projet « zéro déchet » dans l’association Zero Waste France et voilà plus de deux ans qu’elle essaye de vivre sans plastique. Elle nous livre ses conseils.

Difficile de se débarrasser du plastique, omniprésent dans la plupart des produits de consommation. À l’heure où la Chine, jusqu’ici leader mondial du recyclage, refuse désormais d’être la poubelle du monde, Julie Sauvêtre, de l’association Zero Waste France, propose des alternatives à la plupart des utilisations du plastique dans la vie quotidienne.

Les courses

Le vrac. « La première étape, c’est de limiter les emballages et donc d’acheter en vrac. Les épiceries spécialisées, les magasins bio et désormais même les enseignes conventionnelles en proposent, preuve que les gens s’y mettent. J’utilise mes ‘sacs à vrac’, des petit sacs en tissus très légers, très fins, de différentes tailles selon mes achats -pâtes, riz, céréales, mais aussi gâteaux, légumes secs… Je n’achète jamais de produits transformés, donc je me trouve rarement face à une barquette plastique ! »

Changer de contenant. « Pour le fromage, la crème fraîche ou le poisson, j’emporte chez les commerçants mes « tupperware », des boîtes en verre et je leur demande de mettre mes achats dedans. J’essaye toujours de privilégier d’autres emballages que le plastique : les paquets de gâteaux en vrac ou dans des boites en carton, les sauces dans des bocaux en verre, les yaourts aussi. Je ne bois jamais d’eau en bouteille et pour les jus, je prends des contenants en verre ».

zéro déchet
Unsplash/Laura Mitulla

Le coût. « C’est vrai que ça coûte souvent plus cher quand c’est dans du verre, mais avec les économies que je fais sur le vrac, je m’y retrouve complètement. Et si j’ai peut-être un peu augmenté le budget cuisine, j’ai énormément diminué celui de la salle de bain ».

La cuisine

Du verre. « Une fois chez moi je transvase mes sacs à vrac dans des bocaux en verre -ce qui est, en plus, plus joli ! J’ai remplacé petit à petit tous mes ustensiles en plastique -spatules, cuillères, passoire- par d’autres en bois ou en inox. Cela coûte plus cher mais ça dure beaucoup plus longtemps. Et c’est meilleur pour la santé : on sait que le plastique au contact de la chaleur et donc des aliments chauds libère des particules, des perturbateurs endocriniens, du bisphénol, qui migrent vers les aliments ».

Du tissu. « Pour éviter le film étirable en plastique, il existe désormais par exemple des tissus imperméables avec des élastiques qui peuvent s’adapter aux différentes tailles de bols, boîtes… »

Des produits durables. « De manière générale, en privilégiant les objets durables sur ceux à usage unique, on arrive à éviter le plastique. De toutes façons, il faut y aller de manière progressive et avec pragmatisme. Ne pas faire le tour de sa cuisine et jeter d’un coup tous les ustensiles en plastique. Et surtout, ne pas se transformer en ayatollah du sans plastique. Il y a des choses que j’ai encore du mal à remplacer : j’ai toujours des poubelles en sac plastique ».

La salle de bain

La brosse-à-dent. « C’est ici qu’on trouve le plus de déchets plastiques. La plupart des brosses à dent sont dans cette matière et ne sont pas recyclables. En plus, c’est un produit que l’on change régulièrement. Mais désormais on peut on trouver fabriquées avec du plastique biosourcé où on ne remplace que la partie brosse. Certaines marques récupèrent les brosses et les recyclent. La deuxième option c’est une brosse à dents avec le manche en bambou et les poils en nylon synthétique. Il suffit de couper les poils et de mettre le manche dans le compost ».

Les cotons-tiges. « Pour les cotons tiges, on trouve de plus en plus de bâtonnets en carton recyclable, mais le mieux c’est l’ »oriculi », un petit ustensile en bois, très fin, qui vient du Japon, qui peut durer toute une vie et ne coûte que 4 euros. Après usage il suffit de le passer sous l’eau. Pour éviter les emballages, je suis passée au coton lavable. Après utilisation, je les empile dans un petit sac, quand il est plein je le mets à la machine ».

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Savons et shampoings. « J’ai complètement abandonné les shampoings et savons en gel douche, j’en utilise désormais des solides. Pour les dentifrices et déodorants, je les fais moi-même. Mais on peut aussi en acheter des solides -le dentifrice par exemple est dans une boite en inox que l’on recharge avec un produit vendu dans du carton ».

Produits de beauté. « Il existe des brosse à cheveux en bois, elles coûtent plus chères mais durent très longtemps. Pour le maquillage, pareil je prend des marques « rechargeables ». Ainsi pour la poudre j’ai un boîtier en bois que je remplis à nouveau quand je n’en n’ai plus. Pour me laver le visage, j’utilise une éponge ».

Protections hygiéniques. « J’en prends des lavables qui sont, contrairement à ce qu’on se croit, simples à utiliser et j’utilise une « cup », une coupe menstruelle. Elle est en plastique, mais c’est souvent du silicone médical, de bonne qualité, fait pour un usage corporel et avec une durée de vie entre 5 et 10 ans. Depuis que j’ai effectué ce changement de mode de vie, je fait d’importantes économies sur les produits de salle de bain ».

À l’extérieur

Vive les mojitos ! « J’ai toujours un gourde en inox sur moi. Au travail, il suffit d’avoir une tasse ou un mug on les met à la place des gobelets dans les distributeurs. De manière plus anecdotique, j’ai dans mon sac à main, une paille en inox enveloppée dans une petite poche en tissu très fin, vendue avec un tout petit goupillon pour la laver. Du coup, je peux continuer à boire des mojitos ! »

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