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Des célèbres cochons des Bahamas tués par le tourisme

Il ne resterait que 15 de ces célèbres cochons nageurs. | © Flickr

Environnement & Animaux

Plusieurs des célèbres cochons des Bahamas avaient été retrouvés morts fin février. Le mystère autour de leur mort est désormais résolu : l’afflux récent de touristes sur Big Mayor Cay, « l’île aux cochons nageurs », en serait la cause.

Petit coin de paradis sur Terre, les Bahamas sont connus pour leurs eaux cristallines, leurs plages de sable blanc mais aussi leurs cochons nageurs. À Big Mayor Cay, il est possible de réunir ces trois caractéristiques en nageant parmi la vingtaine d’animaux devenus marins. Cette attraction, l’une des plus prisées de l’archipel d’Exumas, attire également des célébrités telles qu’Amy Schumer ou Donald Trump Jr voulant se photographier auprès des stars locales.

3 little piggies

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Mais le 20 février dernier, sept cochons nageurs ont été retrouvés morts. En cause : la popularité de l’attraction et son lot de touristes irresponsables. « Cela prend des proportions démesurées, tout le monde leur apporte à manger, fait n’importe quoi. Il y a des gens qui viennent ici pour leur faire boire de la bière, du rhum et leur monter dessus », explique Wayde Nixon, l’un des propriétaires des cochons. L’alcool est l’un des responsables de la mort de ces animaux. Mais, pour le National Geographic, les vétérinaires ont également retrouvé de grandes quantités de sable dans les estomacs des animaux morts, dûes à la nourriture laissée sur la plage par les touristes.

Si leur origine reste un mystère, les cochons nageurs sont arrivés sur l’île il y a presque trente ans. Évoluant en toute liberté, les cochons se nourrissent d’aliments naturels, trouvés dans la forêt, et sortent sur la plage pour « un plaisir occasionnel ». Mais à cause de l’afflux récent de touristes sur l’île, les cochons dépendent de plus en plus de ces derniers pour se nourrir. « Maintenant, les cochons restent sur la plage et ne retournent plus dans la forêt », constate Ventoi Bethune, inspecteur pour The Bahamas Humane Society.

Le changement climatique a aussi sa part de responsabilité. Les Bahamas ont connu un mois de janvier particulièrement sec. « Nous avons découvert que leur source naturelle d’eau s’était asséchée, il n’y avait donc plus beaucoup d’eau fraîche sur l’île », explique Bethune. « Nous pensons que c’est la combinaison de plusieurs facteurs qui a mené à la mort des cochons ».

Un faux paradis

Les Bahamas ne sont probablement pas un paradis pour ces cochons, exposés pendant de longues heures au soleil et habitués à se protéger naturellement grâce à la boue, inexistante sur cette île. « Comme tout le monde, trop de soleil n’est pas bon », rappelle Susie Coston, directrice du refuge national « Farm Sanctuary ». « Ils peuvent présenter un cancer de la peau et d’autres maladies et souffrir pendant un long moment sans traitement ». 

Pour l’instant, des tours en bateau sont organisés sur cette île où les cochons sont rois et où les touristes peuvent nager avec eux et les nourrir, légalement. Mais ceci est en train de changer. Le ministre de l’Agriculture et des Ressources marines du pays a en effet expliqué que, dorénavant, « les gens pourront prendre des photos et observer les cochons nager. Mais ils ne seront plus autorisés à les nourrir avec quoi que ce soit ». Le gouvernement prévoit également d’afficher un gardien sur la plage pour protéger les animaux.

Le tourisme irresponsable

C’est loin d’être la première fois que des animaux sont utilisés à des fins touristiques et commerciaux. Ce tourisme animalier représente 20 à 40% du tourisme général dans le monde, selon le National Geographic. Mais ces attractions sont souvent très controversés et dangereuses pour l’animal. Nager avec des dauphins en captivité, monter sur le dos d’un éléphant, poser aux côtés d’un tigre sous sédatif… La liste est longue et ne semble pas diminuer. Le but ? Être toujours plus proche des animaux et le prouver sur les réseaux sociaux. Maltraités, drogués, vivant dans des conditions inadéquates, ces pauvres bêtes sont les premières victimes de ce tourisme lucratif. Chaque année, deux à quatre millions de touristes paient pour ce genre d’expériences « uniques ».

 

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