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Les frites, elles aussi menacées par le réchauffement climatique

Frite

Le phénomène est ressenti partout en Europe. | © Christopher Flowers / Unsplash

Environnement

Alors que la récolte des pommes de terre touche à sa fin, un agriculteur s’inquiète de l’effet de la sécheresse sur les tubercules.

 

Encore une mauvaise nouvelle pour le patrimoine belge. Après la bière, il semblerait que la menace climatique pèse sur un autre pilier de la culture de notre plat pays : les frites ! En effet, Régis Dumont, agriculteur des Hauts-de-France  – région située à proximité de la frontière belge, concentrant deux tiers de la production de patates française – a observé un effet dramatique de la sécheresse sur ses cultures de pommes de terre. Les tubercules ont d’abord manqué d’eau, avant que des pluies en juillet ne provoquent des repousses.

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Patates asséchées

Conséquence visible : les patates sont difformes. Et si ces déformations ne sont en elles-même pas inquiétantes, elles sont le symptôme d’un problème plus grave : les pommes de terres asséchées se déchargent de leur amidon et se liquéfient. Un phénomène fâcheux puisqu’il affecte la qualité, la taille et la conservation du tubercule. Alors que la récolte touche en ce moment à sa fin, l’agriculteur a constaté un abaissement inquiétant de sa production. « On observe une baisse sensible, entre 10 et 15%, du rendement en France, par rapport à la moyenne des cinq dernières années », a affirmé François-Xavier Broutin, chargé de mission à l’Union nationale des producteurs de pommes de terre (UNPT), interrogé par le Huffington Post. Les vendeurs de pommes de terre se voient déjà privés de leur marchandise, les baraques à frites ont vu le prix de leurs matières premières flamber et même les gros producteurs comme McCain ont dû mettre au point une technique pour évaluer la qualité des pommes de terre.

Patates
© Lars Blankers / Unsplash

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En outre, le phénomène est ressenti partout en Europe. On estime en effet que la production sera tournera au mieux autour de 24 millions de tonnes produites, alors qu’on dépassait les 29 tonnes l’an dernier et qu’on est à 27 millions en moyenne, a également expliqué F-X Broutin. Inquiétant !

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