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La caravane de migrants, poussée par le réchauffement climatique

Caravane Migrants

La Banque mondiale estime que les changements climatiques obligeront environ 3,9 millions de migrants climatiques à fuir l'Amérique centrale au cours des 30 prochaines années. | © GUILLERMO ARIAS / AFP

Environnement

Alors que la violence et la pauvreté sont citées comme raisons principales de l’exode de centaines de migrants d’Amérique centrale vers les États-Unis, des experts soulignent une autre réalité importante : les deux phénomènes sont fortement liés au changement climatique. 

 

Les migrants voyageant à bord de la « caravane » sont majoritairement originaires du Honduras, Guatemala et du Salvador. Des pays qu’ils fuient en raison du marasme économique et la violence ambiante. Mais il ne faut pas oublier, rappellent des experts interrogés par The Guardian, que le changement climatique frappant durement la région n’est pas étranger à la crise qui a frappé plus de trois millions de personnes. Le réchauffement est en effet à l’origine des mauvaises récoltes, une des causes majeures au dramatique appauvrissement de la population. Et la situation est loin d’aller en s’améliorant. La Banque mondiale estime en effet que les changements climatiques obligeront environ 3,9 millions de migrants climatiques à fuir l’Amérique centrale au cours des 30 prochaines années.

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Instabilité climatique et insécurité alimentaire

Caravane de migrants
©  Guillermo Arias / AFP

« L’accent mis sur la violence éclipse la vue d’ensemble – c’est-à-dire que les gens disent qu’ils bougent à cause d’une forme d’insécurité alimentaire », a déclaré Robert Albro, chercheur au Centre d’études sur l’Amérique latine et les latinos à l’Université américaine interrogé par The Guardian. Il précise également que « La principale raison pour laquelle les gens déménagent est qu’ils n’ont rien à manger. Cela a un lien étroit avec le changement climatique – nous assistons à une énorme instabilité climatique qui modifie radicalement la sécurité alimentaire dans la région ». Mais le phénomène, trop abstrait et s’étant déroulé sur une très longue période, est rarement mis en avant par les migrants.

Caravane de migrants
©  Guillermo Arias / AFP

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Le média britannique a rencontré de nombreux migrants de la caravane qui ont expliqué avoir fui le pays après avoir été victimes de mauvaises récoles successives, causées par les changements de températures : « Il n’a pas plu cette année. L’année dernière, il n’a pas plu », a expliqué au Guardian Jesús Canan, un agriculteur hondurien.  « Mon champ de maïs n’a rien produit. Avec mes dépenses, tout ce que nous avons investi, nous n’avions aucun bénéfice. Il n’y avait pas de récolte« . La sécheresse, et la chaleur qui permet à certains parasites de survivre sont à l’origine du phénomène. Et dans le pays où un tiers des emplois sont liés à l’agriculture, la situation est dramatique et à l’origine de l’augmentation drastique du nombre de migrants issus du pays aux États-Unis, qui sont d’après les données du centre de contrôle des frontières américaines principalement des agriculteurs et fermiers, incapables de survir grâce aux cultures.  De quoi convaincre Donald Trump de revoir ses positions climato-sceptiques ?

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