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La Grande barrière de corail connaît « le pire épisode de blanchissement jamais observé »

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Classée au Patrimoine mondial de l’humanité depuis 1981, la Grande barrière de corail serait aujourd’hui en grand danger. Pour la deuxième année consécutive, en raison du réchauffement des températures de l’océan, les coraux perdent leurs couleurs et blanchissent de plus en plus. 

 

Les récifs de la Grande barrière de corail située sur le long de la côte Est de l’Australie, ont connu un épisode de blanchissement sans précédent pour la deuxième année consécutive, ont indiqué des responsables scientifiques. L’écosystème qui s’étend sur 2 300 km -le plus grand du monde- a en effet subi l’an passé le plus grave épisode de blanchissement jamais enregistré, en raison du réchauffement des températures de l’océan en mars et avril. Le blanchissement se poursuit une nouvelle fois, a observé le parc marin de la Grande barrière de corail, après des relevés aériens effectués au-dessus de la côte nord-est de l’Australie. Présents à Paris ce vendredi 10 mars, des experts des questions climatiques afin d’avertir les membres de l’Unesco du danger que courrait la Grande Barrière, comme le rapporte Le Monde. « En mars 2016, 93 % des coraux du récif ont blanchi et 22 % sont morts (…) C’est le pire épisode de blanchissement jamais observé », témoigne David Karoly, de l’université de Melbourne.

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« Malheureusement, les températures ont été élevées cet été à la Grande barrière de corail, et nous sommes là pour confirmer un épisode de blanchissement massif pour la seconde année consécutive », a déclaré le directeur du parc, David Wachenfeld, dans une vidéo sur Facebook. « Mais surtout, c’est la première fois que nous assistons à un blanchissement de la Grande barrière de corail sur deux ans. Nous avons constaté une augmentation de la chaleur depuis décembre », a-t-il souligné.

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Les coraux n’ont pas eu le temps de se remettre

Ce phénomène qui se produit deux années de suite signifie que les coraux n’ont pas suffisamment de temps pour récupérer pleinement, observe pour sa part Neal Cantin, de l’Institut australien des sciences marines : « Nous observons une réduction de la résistance au stress de ces coraux. C’est la première fois que la Grande barrière n’a pas eu quelques années pour récupérer entre des épisodes de blanchiment » « De nombreuses espèces de coraux semblent être plus vulnérables au blanchissement après plus de 12 mois d’exposition à des températures océaniques durablement au-dessus de la moyenne », a ajouté le scientifique.

Le blanchissement des coraux est un phénomène de dépérissement qui se traduit par une décoloration. Il est provoqué par la hausse de la température de l’eau, qui entraîne l’expulsion des algues symbiotiques qui donnent au corail sa couleur et ses nutriments. Les récifs peuvent s’en remettre si l’eau refroidit, mais ils peuvent aussi mourir si le phénomène persiste. Et comme l’explique David Karoly au Monde, s’il l’on arrive à contenir le réchauffement de la planète sous 1,5°C, les coraux pourrait peut-être retrouver la vitalité freinant ainsi leur disparition massive qui pourrait se produire d’ici 2050.

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La Grande barrière est le seul ecosystème inscrit au patrimoine de l’Humanité depuis 1981, est menacée par le réchauffement climatique, les ruissellements agricoles, le développement économique et la prolifération des acanthasters, étoiles de mer qui détruisent les coraux. Elle abrite 600 espèces de coraux, 1 500 espèces de poissons, et attire plus de deux millions de visiteurs chaque année.

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