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Huile de palme : L’ingrédient secret (et dévastateur) des biscuits Oreo

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Image d'illustration. | © Unsplash/Kurniawan Kamisaputra

Environnement

Très riches en sucre et en calories, les biscuits Oreo sont également riches en conséquences environnementales. 

Ce n’est plus un secret pour personne, la production d’huile de palme est dévastatrice. Responsable de la destruction de forêts tropicales, elle continue de faire des ravages en Asie du Sud-Est et contribue à la disparition des orangs-outans. Si Nutella est régulièrement épinglée, la pâte à tartiner est loin d’être la seule à en contenir. Dans une nouvelle campagne coup de poing, Greenpeace vise notamment les biscuits Oreo qui laisse un « goût de déforestation ». L’ONG accuse son fabricant, le géant agroalimentaire Mondelez, de ne pas avoir respecté ses engagements de production responsable. « Alors qu’elle s’était engagée il y a presque dix ans à se fournir uniquement en huile de palme n’ayant pas contribué à la déforestation, la multinationale Mondelez continue de faire du commerce avec des producteurs qui déforestent », lance Kiki Taufik, responsable de la campagne forêts à Greenpeace Indonésie.

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70 000 hectares détruits

Dans son communiqué, Greenpeace révèle que 22 fournisseurs d’huile de palme du propriétaire des marques Lu, Côtes d’Or ou encore Milka avaient détruit entre 2015 et 2017 plus de 70 000 hectares de forêts tropicales en Indonésie, dont 25 000 abritant des orangs-outans. Selon l’ONG, ces fournisseurs ont également été accusés de faire travailler des enfants, d’exploiter leurs employés, de provoquer des feux de forêts et de s’accaparer des terres.

« L’huile de palme peut être produite sans détruire les forêts et les espèces qui y vivent, contrairement à ce que continuent de faire les fournisseurs de Mondelez. Les orangs-outans sont aujourd’hui au bord de l’extinction : ils sont sacrifiés pour des biscuits », explique Kiki Taufik.

« Les forêts tropicales sont essentielles à la planète : les détruire pour de l’huile de palme aggrave la crise climatique et contribue à l’extinction d’espèces animales. Mondelez et les autres multinationales agro-alimentaires doivent se réveiller : elles doivent cesser de traiter avec Wilmar (le plus gros négociant d’huile de palme au monde) jusqu’à ce que ce négociant puisse prouver que son huile de palme ne contribue pas à la déforestation », affirme Cécile Leuba, chargée de campagne Forêts chez Greenpeace France.

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Étant l’un des plus gros acheteurs d’huile de palme, il est important de dénoncer la multinationale et de sensibiliser les consommateurs aux impacts que peuvent avoir leurs modes de consommation sur la planète. Puisqu’il suffit de ne plus en acheter pour cesser ces pratiques destructrices.

La réponse de Mondelez

Face à la campagne de Greenpeace, la multinationale dirigée par le Belge Dirk Van de Put reconnaît dans un communiqué qu’un fossé subsiste entre la situation sur le terrain et l’objectif de l’entreprise de travailler à 100% de manière durable et transparente. « Pour résorber l’écart, des actions urgentes sont nécessaires tout au long de la chaîne d’approvisionnement », déclare Mondelez. Cette dernière appelle ses fournisseurs à mettre fin rapidement à la déforestation. Douze d’entre eux ont d’ailleurs été exclus car ils ne respectaient pas les règles de l’entreprise, indique-t-elle.

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