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Pour un philosophe australien, nous sommes tous climatosceptiques

Climat

Image d'illustration. Ville de Paradise, Californie. Novembre 2018. | © Josh Edelson / AFP

Environnement

Clive Hamilton estime qu’il est impossible d’accepter tout ce que nous faisons subir à la Terre. 

 

On ne le répétera jamais assez : la Terre fait aujourd’hui face à un changement global. Le 19 novembre paraissait dans la revue Nature Climate Change la liste des risques que nous encourrons face aux changements climatiques. Qui n’était pas sans faire écho au rapport de plus de 400 pages du GIEC, appelant (à nouveau) les leaders du monde à prendre des mesures urgentes pour limiter le réchauffement climatique à 1,5°. Face à ce dernier, Donald Trump avait fait preuve d’un flegme presque insultant, en promettant de le « lire plus tard », faisant confiance à son « instinct »  pour affirmer que le climat « ça va et ça vient » et en remettant les catastrophes uniquement sur le dos de la mauvaise gestion (forestière, par exemple). S’attirant alors les foudres des écologistes. Mais pour un philosophe australien, les leaders populistes n’ont pas l’adage du climatosceptisme. Il nous caractérise tous.

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Pas prêts au changement radical nécessaire

Philosophe, auteur du livre Requiem pour l’espèce humaine. Faire face à la réalité du changement climatique et ancien membre du conseil australien sur le changement climatique, Clive Hamilton en connaît un rayon sur le sujet. Pour lui, les individus ne parviennent pas à accepter la totalité du message des scientifiques sur le climat. Pourquoi ? Interrogé par le Monde, il explique que comprendre l’étendue du problème « signifierait abandonner le principe fondamental de la modernité, c’est-à-dire l’idée d’un progrès ». Il considère en effet que les individus ne sont pas prêts à changer radicalement de vie, et encore moins à remettre en cause le principe de modernité et d’un progrès linéaire « qui tend vers le toujours plus ». Or pour ce dernier, c’est ce qu’impose le changement climatique. Mais ses effets, diffus dans le temps, confortent les gens dans l’idée qu’il y aura lieu de s’y atteler plus tard.

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Ainsi, l’humanité est selon les termes d’un éditorial du Monde « plongée dans une sorte de déni, plus ou moins assumé, pour mieux différer la mise en œuvre de solutions qui heurtent frontalement nos modes de vie« . Une attitude qui la  conduira, sans réelle prise de conscience suivie d’un changement radical, à un réchauffement de plus de 4°C, dont les conséquences accerberont les tensions des sociétés, qui deviendront de plus en plus apocalyptiques, avec des conflits de plus en plus violents. Joyeux.

 

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