Des scientifiques veulent vaporiser des produits chimiques dans l’atmosphère pour lutter contre le réchauffement climatique

Des scientifiques veulent vaporiser des produits chimiques dans l’atmosphère pour lutter contre le réchauffement climatique

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Image d'illustration. | © Unsplash / Richard Gatley.

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Refroidir l’atmosphère pour lutter contre le réchauffement de la planète, vraiment ?

C’était il y a tout juste un mois : le Giec (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) prévenait qu’à +1,5°C ou à +2°C, le monde ne sera pas le même, décrivant des risques accrus pour les espèces comme pour les économies. Preuves s’il en faut que le dérèglement climatique s’abat de plein fouet sur notre planète, les plus hauts sommets fondent comme neige au soleil et l’ours polaire ne trouve plus assez de phoques pour se rassasier. Pour faire face à ces changements alarmants, des chercheurs de Harvard mettent actuellement au point une expérience visant à tester les effets de la géo-ingénierie solaire sur la surface terrestre, nous apprend MACH. En pratique, il s’agirait d’injecter artificiellement des aérosols chimiques dans l’atmosphère afin de faire réfléchir la lumière du soleil, et ainsi refroidir notre planète. Leur idée, qu’ils espèrent concrétiser déjà courant 2019, n’est pas bien vue par tous.

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Le projet – baptisé SCoPEx (Expérience de perturbation stratosphérique contrôlée) – s’inscrit dans un programme sur la géo-ingénierie solaire de l’Université de Harvard. L’idée consiste à envoyer un ballon dans la stratosphère, à une vingtaine de kilomètres d’altitude, pour ensuite libérer un petit panache de carbonate de calcium en aérosol. Une fois libérés, les produits chimiques se disperseront pour former une masse d’environ 1 km de long pour 100 mètres de large. Muni d’instruments de mesure, le ballon traversera alors ce nuage dans le but d’évaluer si oui ou non les particules réfléchissent la lumière du soleil, et si elles ont la capacité de refroidir la surface de la planète ou non.

Des effets potentiellement dangereux

ouragan image satellite
L’ouragan « Florence » vu depuis la station spatiale internationale le 14 septembre 2018. © AFP PHOTO / NASA / Ricky ARNOLD.

Des questions restent néanmoins sans réponses. Certaines études suggèrent qu’un programme de géo-ingénierie pourrait avoir de graves conséquences. On pense notamment à celles sur les cultures, sur le comportement de la couche d’ozone, ou encore sur le climat en lui-même. À ce propos, une étude a été publiée il y a quelques mois dans la revue Nature. Selon cette dernière, le fait d’injecter de manière artificielle des aérosols dans l’atmosphère de l’hémisphère nord réduirait l’activité des cyclones tropicaux, et entraînerait en même temps une augmentation des risques de sécheresse en Afrique subsaharienne.

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Régler un problème d’un côté pourrait ainsi en créer davantage en parallèle. Science Post rappelle par ailleurs que le fait de refroidir artificiellement la planète n’est pas la solution miracle. C’est plus une réponse de dernier recours, tel un pansement qui finira par se décoller, et de plus potentiellement dangereuse. Le véritable problème devra être réglé en amont : s’attaquer aux véritables sources de réchauffement climatique. On pense notamment aux problèmes de l’élevage intensif, ou encore de l’utilisation de carburants fossiles.

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