Comment la psychologie explique le climatosceptisme

Comment la psychologie explique le climatosceptisme

Changement climatique

La peur pousse souvent les gens à s'en tenir au satut quo, par peur de prendre des nouveaux risques. | © Willian Justen de Vas

Environnement & Animaux

« Lorsque les gens se sentent submergés par des émotions négatives et incapables de traiter leur cause, il est tentant d’échapper à ces sentiments par l’évitement, le déni, la rationalisation, le blâme et le fatalisme ».

 

Comment, après le rapport du GIEC, la liste des 500 conséquences du changement climatique, ne sommes-nous pas tous dans un état de panique ? Comment de nombreux citoyens continuent-ils de croire que le changement climatique est cyclique et en rien imputable à l’homme ? La psychologie contient (quelques) réponses.

Hommes et peurs

Interrogée par Radio NZ, Niki Harré, autrice du livre Psychology for a Better World – working with people to save the planet, explique : « Il n’est pas difficile de comprendre comment les gens continuent de vivre dans des conditions d’incertitude. C’est parce que c’est ce que la vie est. Si vous regardez les cultures humaines au fil du temps, les gens n’abandonnent tout simplement pas. Il semble que nous ayons cet optimisme, cette capacité de vivre, même lorsque nos vies sont menacées ».

Environnement
© Rawpixel / Unsplash

La façon catastrophiste dont est présenté le changement climatique joue également un rôle dans ce refus général de l’accepter. En inquiétant les citoyens sur l’impact que ce dernier aura sur notre mode de vie, ils sont plus susceptibles d’éteindre la télévision, de se protéger en n’intégrant pas l’ampleur du problème, surtout dans ce cas où les conséquences paraissent lointaines et hors de contrôle. Un article de Catherine Leining  sur les attitudes sur le changement climatique, cité par le média néo-zélandais, a notamment révélé que la peur poussait souvent les gens à s’en tenir au satut quo, par peur de prendre des nouveaux risques : « Lorsqu’on se sent submergé par des émotions négatives et incapable de résoudre leur cause, il est tentant d’échapper à ces sentiments par l’évitement, le déni, la rationalisation, le blâme et le fatalisme ».  Une étude publiée en 2015 par Nature Climate Change montre que ce qui serait le plus efficace pour sensibiliser, sera non pas un discours alarmiste, mais la valorisation de ce que peut en tirer tout un chacun – les « co-bénéfices » en langage des sciences sociales.

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D’autre part, si les gens ne changent pas fondamentalement pour s’attaquer au problème du changement climatique, c’est aussi parce que ce dernier se noie au milieu d’autres problèmes : la pauvreté, la discrimination, la violence. Menacées de toutes parts, les personnes n’ont alors « pas de moyen clair de savoir quels sont les vrais problèmes graves ».

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