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Avec Greta, 16 ans, la jeunesse se révolte pour le climat

Greta Thunberg

Greta Thunberg lors d'une manifestation en Suède. | © Hanna FRANZEN / TT News Agency / AFP

Environnement & Animaux

D’après un article de Paris Match France de Camille Hazard 

Greta Thunberg en a assez. Cette adolescente suédoise de 16 ans a décidé de se battre pour le climat et les générations futures qui devront subir et tenter de « réparer les dégâts » causés par les précédentes. Quand elle aura 45 ans, des dizaines de millions de personnes auront dû fuir leurs maisons, chassés par les événements météo extrêmes provoqués par le dérèglement climatique, par les feux de forêts ou le manque de nourriture.

« C’est nous qui devrons vivre dans ce monde. Si je vis jusqu’à 100 ans, je serai vivante en 2103, et c’est dans longtemps », dit-elle à l’AFP dans les couloirs de la 24e conférence de l’ONU sur le climat à Katowice, où elle a multiplié les conférences de presse à l’initiative d’une association mondiale de scientifiques engagés dans la défense de l’environnement. « Nous devrons vivre avec le bazar que les précédentes générations ont créé. Nous devrons réparer les dégâts pour eux. Ce n’est pas juste », a-t-elle poursuivi.

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« Je pense que nous, les enfants, nous devrions nous mettre en colère et faire entendre notre voix et rendre toutes les générations responsables de ce qu’elles ont créé. » Greta est devenue une véritable figure parmi les jeunes qui se mobilisent de plus en plus pour le climat à travers le monde, appelant les décideurs politiques et les entreprises à réduire les émissions de gaz à effet de serre.

marche pour le climat
La jeune militante suédoise a 15 ans. © Steffen Trumpf/dpa

« Pas le choix »

A l’occasion de la COP24, les représentants de quelque 200 pays se sont réunis à Katowice fin décembre pour tenter de donner vie à l’accord de Paris qui vise à limiter le réchauffement à +2°C, idéalement +1,5°C, par rapport à l’ère pré-industrielle. Mais le monde a déjà gagné +1°C, entrainant sécheresse, inondations et tempêtes, et les engagements nationaux actuels de réduction des gaz à effet de serre nous dirigent vers +3°C. Alors Greta et son père sont venus à Katowice, capitale polonaise du charbon, pour tenter de convaincre les Etats de faire plus, dès maintenant.

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Quand elle a appris les impacts des émissions de C02, l’adolescente a poussé sa famille à devenir vegan et à abandonner les voyages en avion. «Pour moi, rien de tout cela n’est un sacrifice, je n’ai pas besoin de ces choses », explique-t-elle. « Je comprends que certaines personnes le voient comme un sacrifice. Les gens ne veulent pas arrêter de prendre l’avion, mais nous devons le faire. Nous n’avons pas le choix ».

COP24.
La militante lors d’une conférence de la COP24. © Sadak Souici / Le Pictorium/MAXPPP

La jeune fille est devenue célèbre après avoir commencé à manifester, seule, chaque semaine, devant le parlement suédois. Aujourd’hui, ce ne sont plus une dizaine d’amis suédois mais des centaines de milliers de jeunes européens qui crient avec elle. Le 24 janvier à Bruxelles, un cortège de 35 000 Belges, composé d’étudiants et de lycéens, avait spécialement séché les cours pour brandir pancartes et slogans provocateurs. Leur nombre ne fait que grandir. A Paris, de jeunes Français ont appelé à une « grève pour le climat » nationale le 15 mars.

Greta Thunberg est pour moi le symbole de la jeunesse qui en a marre.

Derrière la banderole « Pour le climat, on fait quoi ? », des lycéens de de Camille-Vernet à Valence se mobilisent depuis un mois, chaque mercredi à 10H00, sur le modèle créé Greta Thunberg. Et ils comptent bien participer à la grève mondiale du 15 mars.

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« Greta Thunberg est pour moi le symbole de la jeunesse qui en a marre des actions des générations précédentes et qui se mobilise pour montrer l’inaction des dirigeants locaux, nationaux et internationaux », a expliqué Elsa Ayache, élève de terminale à la cité scolaire Camille-Vernet. Des actions qui ne perturbent pas les cours et sont organisées avec l’aide d’un professeur d’histoire-géographie, qui anime un club de débats, où est née cette volonté de se mobiliser. « Ils sont branchés écologie et gilets jaunes », observe ce professeur, Frédéric Darnaud, qui souligne que ses élèves ont aussi été choqués par les débordements de certaines manifestations et souhaitent vraiment que leur mobilisation se fasse dans un cadre serein.

De l’autre côté de la Manche, la jeune Britannique Holly Gillibrand, originaire de Fort William (Ecosse), a elle aussi appelé à la grève. « Je veux que les dirigeants écossais prennent le changement climatique au sérieux et [sachent] qu’ils détruisent mon avenir », a-t-elle glissée à la BBC.

Greta a affirmé qu’elle sera présente aux côtés des étudiants belges, le 21 février prochain, lors d’une grande marche.

 

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