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En Inde, la pollution des voitures se transforme en encre

encre

"Cet art est paint avec de la pollution de l'air". | © Capture d'écran Facebook/Graviky Labs

Environnement & Animaux

Dans un pays qui suffoque à cause de la pollution de l’air, une start-up transforme en encre la suie émise par les pots d’échappement des voitures.

Lutter contre la pollution peut également être créatif. En Inde, à Bangalore, la start-up Graviky Labs mène un projet plutôt ambitieux : réduire la pollution des villes indiennes, tout en recyclant les gaz d’échappement des véhicules en matériel artistique. Son équipe d’ingénieurs a mis au point un appareil intitulé Kaalink qui, fixé au pot d’échappement, capture le carbone avant qu’il ne s’échappe dans l’air. Il est ensuite traité par un processus de purification pour produire un pigment de carbone purifié – sans les métaux lourds et les agents cancérogènes -, lui-même transformé en encre. Baptisé Air-Ink, le liquide obtenu a été décliné en plusieurs produits : marqueurs, peintures, spray… Selon le fondateur de la start-up Anirudh Sharma, un seul marqueur Air-Ink contient 30 à 40 minutes d’émissions de carbone par une seule voiture.

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Celui qui se décrit lui-même comme étant un inventeur chronique, souligne CNN, s’est lancé dans ce pari un peu fou après une conversation avec des amis en Inde. Beaucoup se plaignaient en effet des marques que laissait la pollution de l’air sur leurs vêtements. « Je me disais, les artistes créent leurs oeuvres à partir de marques, d’encre et de peinture. Comment pouvons-nous résoudre ce problème de pollution atmosphérique de manière créative, comme le ferait un artiste ? Et si nous utilisions l’art comme un moyen de réutiliser cette suie de carbone ? », s’est demandé le concepteur de Graviky Labs.

Désastreux pour la santé et l’environnement

Le problème des particules fines s’aggrave partout dans le monde. Et l’Inde est l’un des pays les plus pollués de la planète. Selon Greenpeace, 90 % des villes étudiées dépassent les seuils de pollution recommandés. New Delhi arrive sur la première marche du podium mondial, d’après un rapport de l’OMS en 2014. « Pour cette raison, nous avons voulu créer une technologie capable de capturer les émissions de carbone d’un véhicule sans compromettre ses performances ».

Si Anirudh Sharma est bien conscient que son produit ne va pas sauver la planète, il permet tout de même de réduire la quantité de particules en suspension dans l’air, qui auraient autrement été dans nos poumons et causé des conséquences désastreuses sur la santé des habitants. « Ce que nous faisons en ce moment, c’est réaffecter un polluant qui rend les gens malades, détruit notre environnement et existe tout autour de nous dans notre air », résume l’inventeur.

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