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En perte de territoire, les ours polaires menacent un grand village en Russie

Selon les habitants, une cinquantaine d'ours polaires rendaient régulièrement visite à Belouchia Gouba. | © Photo: Paul Zinken/dpa

Environnement & Animaux

Après l’invasion de dizaines d’ours polaires agressifs dans un archipel de l’Arctique il y a une dizaine de jours, l’état d’urgence a été levé par les autorités russes. 

Ces animaux sont affectés par le réchauffement climatique et la fonte des glaces. L’archipel de Nouvelle-Zemble, territoire russe du nord-est dont la population est estimée à environ 3 000 habitants, est confronté à ce phénomène depuis décembre dernier mais l’état d’urgence avait été décrété le 10 février après des cas d’attaques d’ours polaires dans la rue et de leur intrusion dans les immeubles d’habitation.

Les autorités locales ont justifié dans un communiqué la levée de l’état d’urgence par « la diminution significative du nombre d’ours blancs dans les environs des zones d’habitation ».
« L’intrusion massive d’ours blancs sur les territoires habités a cessé« , indiquent les autorités, précisant que les intrusions d’ours isolés ou de petits groupes étaient gérées par des unités spéciales chargées de les tenir à distance.

Selon les habitants, une cinquantaine d’ours polaires rendaient régulièrement visite à Belouchia Gouba, le plus grand village de l’archipel où est basée une garnison militaire russe. Certains se montraient agressifs.

Les ours polaires sont victimes du réchauffement global, et la fonte des glaces dans l’Arctique les force à passer plus de temps à la recherche de nourriture. Ils sont reconnus comme espèce en danger et la chasse des ours polaires est interdite en Russie. En janvier, le ministère russe de la Défense avait annoncé que plus de 400 anciens bâtiments militaires soviétiques avaient été démolis en 2015-2018 sur la Nouvelle-Zemble puisque des ours polaires « s’y étaient installés ».

Un avenir (très) incertain

Fin 2018, un comité d’experts canadiens prédissait un avenir « incertain » pour les ours polaires du Canada en raison des changements climatiques et de la perturbation de leur habitat, a mis en garde lundi un comité d’experts. « Le Canada risque de perdre certaines espèces emblématiques de sa biodiversité », s’alarmait le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (Cosepac).

Avec la disparition de la banquise en été dans l’Arctique, « il sera de plus en plus difficile pour l’ours polaire de chasser le phoque », sa principale proie, souligne cet organe scientifique qui émet des recommandations au gouvernement.

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L’Arctique est la région de la planète où le réchauffement est le plus prononcé, deux à trois fois plus qu’ailleurs sur le globe, et à court terme « des changements importants sont attendus dans l’ensemble de l’aire de répartition » de l’ours polaire, a relevé le même comité. Selon un recensement de 2011, le Canada compte quelque 15.500 ours polaires sur son territoire, soit près des deux tiers de la population planétaire de ce carnivore devenu l’emblème de la lutte contre les changements climatiques.

« Bien que l’ours polaire ne soit pas encore menacé de disparaître, son avenir est incertain », a dit le comité, qui juge « préoccupante » sa situation depuis 1991.

© EPA/SERGEI ILNITSKY

Avec Belga

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