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Trump veut créer un comité pour nier les faits sur le changement climatique

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Donald Trump. | © MANDEL NGAN / AFP

Environnement & Animaux

La Maison Blanche envisage de constituer un groupe de scientifiques afin de réévaluer les conclusions actuelles du gouvernement fédéral sur le climat et l’impact négatif des combustibles fossiles, selon le Washington Post

Nouveau coup dur pour les défenseurs de l’environnement. Donald Trump et son administration tentent une nouvelle fois de démonter le réchauffement climatique. Le président américain, qui confond régulièrement météo et climat, veut créer un comité dont le but serait de remettre en question le consensus scientifique sur le changement climatique. Ce groupe comprendrait « des scientifiques qui s’interrogent sur la gravité de ses impacts et sur la mesure dans laquelle les humains contribuent au problème », selon le Washington Post. Contrairement à un comité consultatif fédéral officiel, ce groupe « ad hoc » pourra se réunir en privé, sans l’obligation de divulguer publiquement l’avancement de ses recherches. Cerise sur le gâteau : il serait dirigé par William Happer, l’un des principaux directeurs du Conseil de sécurité nationale des États-Unis et climatosceptique qui a comparé en 2014 la diabolisation du dioxyde de carbone à celle « des pauvres juifs sous Hitler ».

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Si le projet n’est pas encore finalisé, il a déjà été discuté vendredi lors d’une réunion avec plusieurs hauts responsables de l’administration, rapporte le journal américain, au cours de laquelle les participants « ont débattu de la meilleure façon de créer un groupe de chercheurs pouvant examiner les récents rapports fédéraux sur le climat ». Sa création intervient d’ailleurs trois mois après la publication du rapport américain « National Climate Assessment » qui mettait en garde contre les conséquences désastreuses du changement climatique sur l’économie du pays. Selon ce document, les États-Unis pourraient perdre « des centaines de milliards de dollars » d’ici la fin du siècle à cause des gaz à effet de serre. Un rapport sèchement rejeté par Donald Trump, alors qu’il a été validé par son administration. « Je n’y crois pas », avait-il tout simplement déclaré.

« Pire que tout ce qu’il a fait »

Sans surprise, les climatologues et d’autres experts ont rapidement condamné cette idée. « C’est comme si on rassemblait un groupe de sceptiques de la gravité qui insistent sur le fait que sauter de grands immeubles est sans danger, sauf que dans ce cas, ils veulent nous emmener tous avec eux », a réagi Kate Marvel, climatologue à la NASA. « Vraiment ce que nous voyons, c’est ce que j’appelle une ‘idée de zombie’. C’est une très mauvaise idée qui refuse de mourir. Toutes les bureaucraties en ont – elles sont juste plus dangereuses quand elles sont originaires et vivent à la Maison Blanche », ajoute David Titley, scientifique et ancien officier de la marine américaine. « Aussi mauvais soit Trump à bien des égards, cet aveuglement délibéré face à la plus grave crise mondiale à laquelle nous sommes confrontés est pire que tout ce qu’il a fait », a commenté de son côté le journaliste et auteur américain Tony Schwartz.

Ce qui inquiète les scientifiques, c’est aussi la nomination de William Happer, qui a également qualifié le consensus scientifique sur le changement climatique de « secte ». Ce physiciste a longtemps soutenu que davantage de CO2 dans l’atmosphère profiterait à l’humanité. Une vision contredite par des milliers d’études. Donald Trump est également connu pour être climatosceptique, prétendant même un jour que le réchauffement climatique était un canular chinois destiné à nuire aux exportations américaines. Vendredi 22 février, le Républicain a désigné Kelly Craft comme candidate pour le poste d’ambassadrice des États-Unis auprès de l’Organisation des Nations unies (ONU). En tant qu’ambassadrice des États-Unis au Canada, cette épouse d’un milliardaire président de l’un des plus grands producteurs de charbon du pays avait déclaré qu’elle respectait « les deux côtés » du débat sur le changement climatique, rappelle The Independent, suggérant que les climatosceptiques méritent la même crédibilité que les scientifiques. Sa candidature doit encore être confirmée par le Sénat.

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