Paris Match Belgique

Pourquoi les élections en Inde sont un désastre environnemental

inde

La campagne électorale bat son plein en Inde. | © SAM PANTHAKY / AFP

Environnement & Animaux

Malgré la mise en garde de la Commission électorale contre son impact néfaste, les candidats à l’élection indienne ont utilisé des tonnes de PVC, qui contient des produits chimiques toxiques et cancérigènes. 

En Inde, la campagne électorale bat son plein. Le deuxième pays le plus peuplé du monde doit choisir entre autres son futur Premier ministre : le sortant Narendra Modi ou son opposant Rahul Gandhi. Pour convaincre 1,34 milliard d’habitants, les candidats doivent redoubler d’efforts, à coups de slogans, publicités… et plastique. Les énormes palissades qui ont poussé dans tous les coins et recoins du pays contiennent en effet du polychlorure de vinyle, plus connu sous le sigle PVC. Ce qui représente un risque majeur pour l’environnement, affirme Quartz.

La Commission électorale indienne avait pourtant suggéré à tous les partis politiques d’éviter le PVC dans leur matériel de campagne, les mettant en garde contre « l’impact néfaste à long terme de matériaux tels que le plastique ou le polyéthylène sur l’environnement ». Son conseil ne fait cependant pas partie du code de conduite, ce qui laisse aux partis le choix de l’appliquer… ou non.

Lire aussi > En Inde, la pollution des voitures se transforme en encre

Toxique et cancérigène

En Inde, 90% des publicités en plein air sont imprimées sur du PVC, ainsi que près de 216 000 tonnes de banderoles chaque année, soit 18 000 tonnes par mois. Entre avril 2017 et mars 2018, le BJP, le parti de l’actuel Premier ministre, a dépensé à lui seul 1,471 milliard de roupies (soit 18,8 millions d’euros) en publicités extérieures. Cela inclut les panneaux publicitaires et les publicités de campagne peintes sur les murs et les véhicules.

« En deux ou trois mois (de la campagne électorale), le consommation de plastique est égale à celle de deux ou trois années sans élections », affirme Sanjay Upadhyay, avocat à la Cour suprême et associé directeur de la société Enviro Legal Defence Firm, spécialisée dans la défense environnementale. Pour aggraver le problème, moins de 1% du PVC est recyclé, ajoute-t-il. La plupart des matériaux inflammables finissent dans les décharges. Lorsqu’il se détériore, le PVC libère alors des produits chimiques toxiques dans la terre, connus pour être cancérigènes.

C’est assez contradictoire avec l’actualité du pays. Les gouvernements des États indiens se sont montrés désireux de réduire l’utilisation de ce type de matériau. Le gouvernement central s’est même fixé comme objectif de bannir d’ici 2022 les plastiques à usage unique, dont 13,4 millions de tonnes sont fabriqués chaque année dans le pays.

Mots-clés:
inde élections plastique
CIM Internet