Paris Match Belgique

#Occupyforclimate : Mais que contient vraiment la loi climat discutée à la Chambre ce mardi ?

occupy for climate

Les jeunes activistes du mouvement #Occupyforclimate, ce lundi matin à Bruxelles. | © BELGA PHOTO / THIERRY ROGE.

Environnement & Animaux

Des centaines d’activistes se sont rassemblés depuis hier aux abords de la rue de la Loi pour exiger la révision de l’article 7bis de la Constitution, condition à l’adoption d’une loi spéciale climat. Ils ne décolleront pas avant mardi, lorsque celle-ci sera discutée au parlement. Mais que propose-t-elle exactement ?

Les activistes de #Occupyforclimate ont gagné un combat mais pas la guerre. « Le MR soutiendra la révision de l’article 7bis de la Constitution demain en commission ». Cette petite phrase de David Clarinval, chef de groupe à la Chambre, ce lundi matin, indique clairement que la pression des mouvements citoyens peut, parfois, aboutir. La proposition de « loi spéciale Climat », cette loi élaborée par des universitaires (UGent, UCLouvain, Saint-Louis,UHasselt) et mise à disposition du politique, sera débattue ce mardi à la Chambre. Mais les partis flamands, à l’exception de Groen, font de la résistance. Le CD&V, l’Open Vld et la N-VA refusent une révision de l’article 7bis de la Constitution, soit la voie la plus rapide pour rendre possible cette loi climat. Ce mardi, une majorité simple devrait franchir le cap de la commission parlementaire. Mais la vraie date butoir est annoncée pour jeudi. En séance plénière, deux-tiers des voix seront nécessaires pour procéder à la révision constitutionnelle. Un seuil qui semble difficilement atteignable si les partis flamands ne bougent pas. Mais au fait, elle dit quoi cette fameuse loi climat ?

Lire aussi > Anuna De Wever : « Dire : On va sur Mars et fuck this planet est totalement selfish »

Respecter les traités, et fixer des objectifs concrets

Un des objectifs premiers de cette loi est la mise en œuvre des accords européens signés au cours des dernières années. Des traités qui proposent des objectifs communs, comme limiter le réchauffement en dessous de 2°C et réduire les gaz à effet de serre. La loi climat veut mettre en place un programme concret pour y répondre. Deux missions sont fixées : une diminution des émissions de gaz à effet de serre de 65% d’ici 2035 et l’augmentation de la part des énergies renouvelables ou la rénovation des bâtiments publics et privés pour en réduire la consommation.

Création d’une agence interfédérale pour le climat

Un grand Plan national-intégré Énergie-Climat devrait être créé et il définirait les objectifs nationaux, les projections et les contributions aux objectifs internationaux. Il serait construit et voté tous les dix ans, à l’aide des nouvelles autorités mises en place par la loi. Pour élaborer ce « Plan », une agence interfédérale pour le climat verrait le jour. Elle serait composée de représentants fédéraux, régionaux et communautaires. Elle ferait office de pivot entre les différents niveaux de pouvoirs, actualiserait régulièrement le Plan et donnerait des rapports sur son état d’avancement. Une conférence interministérielle climat serait en outre chargée d’adopter le Plan.

Un Comité permanent indépendant d’experts pour le climat verrait également le jour. Composé de huit experts indépendants et compétents dans différents domaines scientifiques, il aiderait à la mise en application du Plan, en conseillant les autorités responsables de la construction du Plan, en répondant aux demandes d’avis et en interpellant les autorités sur les politiques en matière de climat. Dernière nouveauté : une Commission interparlementaire sur le Climat assurerait la cohérence et la complémentarité des décisions, y compris au niveau international. Ses séances seraient publiques et une séance serait obligatoire avant chaque sommet international sur le climat.

Anuna De Wever (au centre), figure de proue du mouvement « Youth For Climate », lors de l’action #Occupyforclimate. © BELGA PHOTO / NICOLAS MAETERLINCK.

Le comportement électoral sera influencé par la question climatique

D’après un sondage effectué pour le compte de la coalition « Sign For My Future » et publié la semaine dernière, plus de la moitié des Belges (53%) estiment que notre pays doit se doter d’une loi climat contraignante. Pour 10% seulement des personnes interrogées lors du sondage, la question climatique n’est pas un problème urgent à résoudre maintenant. Mais une vaste majorité (73%) indique également vouloir connaître le coût des solutions climatiques, et 64% des répondants souhaitent un plan d’investissement à grande échelle permettant aux citoyens et aux entreprises de mettre en œuvre des solutions efficaces. Pour 45% des sondés, la question climatique pèsera certainement sur leur comportement électoral.

Lire aussi > Sign for My Future : La pétition qui met l’avenir de nos enfants au premier plan

Six Belges sur dix déclarent vouloir voter pour un parti qui voit dans les mesures climatiques des opportunités pour garantir la prospérité et le bien-être dans le futur, souligne « Sign For my Future ». Enfin, 60% des personnes interrogées pensent qu’il n’est pas trop tard, mais estiment qu’il faut agir, car les problèmes liés au réchauffement climatique ne se résoudront pas tout seuls. 

En février, la coalition « Sign For my future« , qui rassemble des centaines de chefs d’entreprise et d’associations de la société civile, a lancé une pétition en ligne appelant les citoyens à signer pour une politique climatique forte. À ce jour, plus de 195 000 personnes l’ont signée.

CIM Internet