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La consanguinité, l’autre ennemi des lions d’Afrique

Un phénomène qui frappe déjà les zoos européens... | © EPA/CARL FOURIE

Environnement & Animaux

L’espèce est de plus en plus menacée. Elle est victime de chasse et d’abattage, dipose de moins de proies, est en perte d’habitat… Il y a un autre facteur moins connu mais tout aussi dangereux pour ces animaux vraiment en sursis.

 

Le roi de la savane vivrait-il ses dernières années ? Sans aller aussi loin dans un scénario catastrophe, tirer une nouvelle fois la sonnette d’alarme ne nous fait pas passer pour d’affreux pessimistes. Dans son dernier quadrimestriel, le FNRS (Fonds de la recherche scientifique) met en avant le problème de l’isolement  de certaines populations de lions qui engendrent une diminution des flux de gènes entre elles, et par conséquent, un risque plus élevé de consanguinité. Il en va de leur survie à long terme.

Une équipe de chercheurs dirigée par le directeur de recherches FNRS, Johan Michaux, s’est très récemment intéressée au cas de la Tanzanie. L’objectif étant de mesurer l’impact réel d’anciens et de plus récents isolements de groupes de lions. Il faut parvenir à se rendre compte de l’influence sur la diversité génétique de cette espèce dans cet endroit du continent africain où les lions sont nombreux. Les données recueillies ont permis de classer trois groupes de fauves semblant présenter encore un bonne santé génétique et des signes limités de consanguinité.

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Cependant, les chercheurs ont aussi remarqué que les populations de lions en Tanzanie voient la taille de leur population progressivement diminuer. La conséquence des récentes conditions de vie de ces animaux qui ont été modifées par la présence et l’action de l’être humain. Ils mettent en garde: il est crucial de maintenir ces populations en bonne santé génétique.

Comme le révélait une autre étude publiée dans Mammalian Biology, c’est un phénomène qui frappe déjà les zoos européens.  On y expliquait qu’« il est probable que les hauts niveaux de consanguinité au sein de cette population captive causent de nombreuses fausses couches et cas de mortalité infantile ».

Les conséquences de la dépression de consanguinité ont déjà été étudiées chez différentes espèces de félidés, notamment les populations de lions de l’écosystème du Serengeti (Tanzanie), du cratère de Ngorongoro (Tanzanie) et de la forêt de Gir (Inde). Les résultats ont mis en évidence une corrélation entre la taille des populations, leur variabilité génétique, leur niveau de testostérone et le nombre anormal de spermatozoïdes comptés.

 

©EPA/CARL FOURIE
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