L’incroyable voyage en avion de deux baleines à travers le monde

L’incroyable voyage en avion de deux baleines à travers le monde

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Les deux bélugas vont prendre une retraite bien méritée. | © Mendar Bouchali/Unsplash

Environnement & Animaux

Deux bélugas, Little Grey et Little White, vont bientôt entreprendre un fabuleux voyage à travers le monde afin de prendre une retraite bien méritée de leur captivité. Et pour ce faire, ils devront prendre l’avion.

C’est un incroyable voyage que vont bientôt entreprendre deux baleines vivant actuellement en Chine. Little Grey et Little White sont deux femelles bélugas âgées de douze ans maintenues en captivité au Changfeng Ocean World, à Shanghai, depuis 2011. Depuis leur plus jeune âge, elles divertissent les foules dans leur aquarium géant, mais cela va bientôt changer. Dans quelques semaines, elles vont entreprendre le voyage de leur vie pour venir passer le reste de leur existence dans le tout premier « Sanctuaire de bélugas » en pleine mer au monde, créé spécialement pour elles. Mais avant de trouver le repos, elles devront traverser les près de 10 000 km qui les séparent de leur prochaine maison, située en Islande. Un voyage de plus de 30 heures qu’elles effectueront en camion, en avion et en bateau. Toute une logistique.

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Ce projet, Sea Life y travaille depuis six ans. C’est qu’on ne prend pas le déménagement de deux baleines de près d’une tonne chacune à la légère. Une équipe d’experts mondiaux habitués au transport de mammifères marins travaille sur la logistique de ce trajet exceptionnel. L’organisme de bienfaisance se bat pour défendre la nécessité d’océans sans plastique et la pêche durable, maintenir des aires de protection marines efficaces et mettre fin à la surexploitation de la vie marine. Avec le WDC (Whale and Dolphin Conservation), ils ont entrepris le pari fou de rapatrier les deux baleines pour les sauver de leur captivité. C’est la première fois qu’un sanctuaire de ce type est créé pour réhabiliter les cétacés en captivité tels que les baleines et les dauphins.

Une logistique impressionnante

Pour arriver dans leur nouvelle maison, située au large de l’île d’Heimaye, en Islande, Litter Grey et Little White seront d’abord transportées en camion jusqu’à l’aéroport Pu Dong de Shanghai. De là, un avion cargo spécialement affrété attendra sur la piste pour les conduire à l’aéroport de Reykjavik en Islande. Elles seront accompagnées d’experts et de soigneurs pendant tout leur trajet. Après le vol, Little Grey et Little White seront transférées dans deux camions individuels et conduits pour prendre un ferry de Landeyjahöfn à l’île Heimaey, pendant environ 35 minutes. Une fois le ferry amarré sur l’île Heimaey, les camions se dirigeront rapidement vers la baie de Klettsvik, où Little Grey et Little White seront transférées sur le site du sanctuaire des bélugas et placées dans un bassin naturel. Soit un trajet de 9221 kilomètres très exactement.

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Le trajet de Shanghai à l’Islande prendra environ 30 heures. © Sea Life Trust

Pour mener à bien le transport de ces deux mastodontes de près d’une tonne chacun, les experts les conditionnent du mieux qu’ils peuvent. Les deux baleines femelles participent actuellement à un programme d’entraînement qui a pour but de les préparer au voyage. Il a pour ambition de leur permettre d’acquérir de nouvelles compétences, de nouveaux comportements et d’interagir avec de nouveaux objets, tels que des civières utilisées lors de leur relocalisation.

Pour aider les deux bélugas à prendre confiance en eux, l’équipe du projet leur présentera également des créatures telles que les crabes et autres crustacés, ainsi que la flore à laquelle ils seront confrontés dans leur nouvel environnement. « On s’assure qu’elles soient en forme physiquement et qu’elles sachent retenir leur respiration plus longtemps pour quand elles retourneront à la nature », explique Rob Hicks, de Sea Life.

Avant d’être relâchées dans la baie, Little Grey et Little White seront progressivement acclimatées à une eau plus froide et leur apport calorique sera également revu à la hausse afin de les aider à se couvrir de graisses supplémentaires pour les protéger des températures moins chaudes de ce dont elles ont l’habitude. 

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Little White et Little Grey. © SEA LIFE TRUST Beluga Whale Sanctuary

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Le jour où elles entreprendront leur voyage, chacune sera soulevée sur des civières conçues et mesurées spécialement pour répondre à leurs exigences physiques. Elles seront placées dans des réservoirs de transport spécialement construits pour elles et seront extraites de l’aquarium grâce à une grue. Ensuite, elles seront chargées dans deux camions différents.

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Un enclos naturel

Les deux cétacés sont âgés de 12 ans. Un âge relativement jeune pour prendre sa retraite mais si Sea Life et le WDC ont travaillé si dur pour les sortir de leur captivité, c’est surtout pour les sortir de leur prison de béton et améliorer leurs conditions de vie. « Elles sont encore relativement jeunes. Les bélugas peuvent vivre jusqu’à 40 ou 50 ans dans leur milieu naturel. Le but du sanctuaire est de leur fournir une maison pour le reste de leur vie naturelle », explique Andy Bool, responsable de Sea Life Trust, à The Independent.

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Le lieu où seront installées les baleines. © SEA LIFE TRUST Beluga Whale Sanctuary

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Leur nouvelle maison mesurera environ 32 000 mètres carrés. Elles pourront s’épanouir dans un espace beaucoup plus grand que leur enclos actuel. Elles pourront plonger beaucoup plus profondément et nager plus librement. Cependant, elles ne seront pas remises totalement en liberté. Le sanctuaire sera fermé par une sorte de grillage pour qu’elles ne puissent pas aller trop loin. « Elles ne sont pas habituées à la vie sauvage, elles ne seraient pas encore capables de survivre seule dans la mer ni de se nourrir seules. Nous devrons continuer à leur donner à manger, par exemple. Mais elles seront beaucoup plus libres et dans leur habitat naturel », explique le WDC. « Nous ne savons pas si elles seront capables de retourner complètement à la vie sauvage un jour. Mais si cela est possible ce serait merveilleux ».

Mots-clés:
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