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Comment Chicago (et ses gratte-ciels) tue des millions d’oiseaux migrateurs

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Avec ses immenses tours de verre et ses majestueux buildings qui côtoient les nuages, Chicago est assurément la ville la plus meurtrière pour les nombreux oiseaux qui traversent son ciel. | © Pexels / Cameron Casey

Environnement & Animaux

Une étude a établi le classement des villes américaines les plus dangereuses pour les oiseaux, menacés par les gratte-ciels scintillants et translucides.

 

Savez-vous combien d’oiseaux meurent en percutant un gratte-ciel aux États-Unis ? 100 millions chaque année, voire même jusqu’à un milliard, estiment les scientifiques. Un chiffre vertigineux sur lequel se sont penchés les défenseurs de l’environnement afin de déterminer les villes les plus dangereuses pour les oiseaux migrateurs.

Avec ses immenses tours de verre et ses majestueux buildings qui côtoient les nuages, Chicago est assurément la ville la plus meurtrière pour les nombreux oiseaux qui traversent son ciel. À l’automne et au printemps, plus de 5 millions d’oiseaux d’au moins 250 espèces différentes volent au-dessus du centre-ville de la Windy City. Et la plupart finissent par y laisser leurs plumes…

Carrefour dangereux

Au cours de leur voyage qui s’étend sur des milliers de kilomètres, des Grands Lacs du Nord jusqu’en Amérique centrale et latine, les oiseaux atterrissent parfois dans les grandes villes du pays. En transit et à la recherche de nourriture, « ils vont voler vers ce qu’ils pensent être un arbre, alors qu’il s’agit du reflet de l’arbre dans la vitre d’un bâtiment, puis ils percutent le verre et finissent par mourir », explique Susan Elbin (citée par le Guardian), directrice de la conservation chez New York Audubon, une association de défense des oiseaux. Attirés par la lumière des grandes villes, les oiseaux peinent à éviter ces carrefours périlleux, où le reflet et la transparence des certains gratte-ciels leur garantit une mort quasi certaine.

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Dans son classement destiné à sensibiliser les autorités locales, le Cornell Lab of Ornithology a placé en deuxième et troisième position les villes de Houston et Dallas. Suivies de New York, Los Angeles, St Louis et Atlanta, particulièrement risquées pour les oiseaux qui passent par là. Pour la Grosse Pomme, l’association Audubon estime qu’entre 90 000 et 200 000 oiseaux sont tués chaque année après s’être écrasé contre un bâtiment de la ville. À l’échelle nationale, le Centre pour les oiseaux migrateurs du Smithsonian (SMBC) a estimé le nombre annuel de décès entre 100 millions et un milliard d’oiseaux.

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© Unsplash / Jack Young

Pour une architecture plus respectueuse

Parmi les solutions suggérées par les défenseurs, éteindre les lumières à l’intérieur buildings la nuit pendant les pics de migration constitue un premier pas qui pourrait faire la différence, estime-t-on. Plusieurs États participent d’ores et déjà à cette initiative. Par ailleurs, les écologistes préconisent que l’architecture urbaine adopte à l’avenir une conception plus respectueuse des oiseaux, par exemple en utilisant du verre à motifs. San Francisco et Toronto font partie des villes ayant déjà adopté des directives favorables aux oiseaux. Et sur lesquelles New York et Chicago commencent à prendre exemple.

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