Top 10 des déchets les plus présents dans nos cours d’eau (et comment y remédier)

Top 10 des déchets les plus présents dans nos cours d’eau (et comment y remédier)

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Les sacs en plastique arrivent en dernière position de ce top. | © Henry & Co./Unsplash

Environnement & Animaux

Le plastique dans les océans est un fléau pour la faune marine. Mais avant d’y arriver, il a dû se faufiler depuis nos rivières, certains déchets y restant et les polluant, d’autres atterrissant dans le fond des océans. Aujourd’hui, c’est la bouteille en plastique qui représente le plus gros fléau en plastique pour nos cours d’eau. Le podium est complété par les emballages de bonbons et les mégots.

Ce n’est pas nouveau : le plastique à usage unique qui n’est pas recyclé et qui se retrouve dans les océans, en passant par toutes sortes de cours d’eau, est un fléau pour la faune marine. Les nouvelles concernant des cétacés qui sont morts à cause du plastique sont légion. On se souvient notamment des deux baleines retrouvées mortes récemment avec des dizaines de kilos de plastique dans leur estomac. Près de 80% des plastiques qui se retrouvent dans l’océan y sont arrivés par les rivières. Mais les sacs plastique ne sont pas les seuls déchets qui menacent nos rivières, nos plages et nos océans. À vrai dire, ils ne sont même pas leur plus grande menace et ne représenteraient que 1% des déchets de plastique présents dans les voies navigables européennes. Ce qui est probablement le résultat d’efforts pour réduire leur utilisation (à Bruxelles, par exemple, les sacs en plastique non réutilisables sont progressivement bannis des commerces). Dans nos cours d’eau, ce sont maintenant les bouteilles en plastique qui sont le plus répandues.

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Les bouteilles représentent 14% des déchets plastiques présents dans nos rivières. © Simson Petrol/Unsplash

Des solutions simples

Les bouteilles représentent ainsi 14% des déchets en plastique identifiés par une récente étude de Earthwatch Institute. L’étude vise à améliorer la compréhension des articles en plastique qui finissent dans les rivières et identifier les habitudes humaines qui ont le plus gros impact sur la pollution plastique de l’environnement. Elle propose même des actions clés que les consommateurs peuvent entreprendre. « La grande majorité du plastique qui finit dans les océans du monde y est acheminée par les fleuves et la pollution plastique dans rivières a bénéficié de beaucoup moins de recherches que celle de l’environnement marin », explique l’étude. Pour mener à bien ce rapport, l’institut s’est basé sur les 193 238 éléments recensés dans les neuf études qu’il a examinées à ce propos. Parmiseux, 37,5% étaient des articles en plastique fréquemment rencontrés dans notre consommation quotidienne. Les autres étaient généralement des articles pas en plastique, des morceaux non identifiés, des objets industriels, agricoles ou liés à la pêche. Parmi ces 37,5%, le top 10 représente 28,2% des articles comptés.

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Lorsque l’on parle de bouteilles, on pense aux boissons mais aussi aux shampooings, aux produits à lessiver ou pour la vaisselle, etc. En moyenne, une personne utilise 150 bouteilles par an. En tout, 5,5 milliards de bouteilles en plastique sont abandonnées dans la nature, incinérées ou enfouies chaque année, produisant l’équivalent de 233 000 tonnes d’émissions de CO2. Le rapport donne plusieurs conseils pour éviter de consommer des bouteilles en plastique. Selon la logique des 5R (Refuser, réduire, réutiliser, réparer, recycler), on peut utiliser une gourde pour remplacer la bouteille d’eau, acheter du lait dans des bouteilles en verre, remplir ses bouteilles de shampooing, lessive et produit vaisselle, acheter des boissons dans des bouteilles recyclées, etc.

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La gourde est le meilleur moyen de remplacer les bouteilles d’eau. © Benjamin Lambert/Unsplash

En deuxième position, on retrouve les emballages de bonbons (12%). Souvent fabriqués à partir de métal ou d’autres films plastiques peu répandus, ils ne peuvent pas être recyclés. Le pourcentage comprend aussi les emballages de chips qui sont mangés par 90% des adultes. Pour réduire ce genre de déchets il est possible d’acheter moins de snacks emballés en faisant ses propres collations par exemple. Il est conseillé de les acheter en vrac, éviter les produits suremballés ou acheter des collations dont les emballages sont recyclables.

Le fléau des mégots

Le podium est complété par les mégots de cigarettes. Lorsque quelqu’un termine sa cigarette, on la voit régulièrement se diriger vers la bouche d’égout la plus proche pour l’y jeter. Ni vu, ni connu. Puisque le mégot ne traîne pas dans la rue, on a l’impression qu’il a mystérieusement disparu, réglant le problème (52% des fumeurs britanniques pensent qu’il est acceptable de mettre un mégot de cigarette dans les égouts). Malheureusement, en étant emporté par les flots, il continue sa route pour arriver dans nos rivières et nos océans. Seulement, 95% des filtres à cigarette contiennent de l’acétate de cellulose, un plastique spécialement lent à se dégrader. Au Royaume-Uni, 14,6 milliards de mégots sont jetés dans les rues chaque année.

En Belgique, Léo not happy est particulièrement connu pour mobiliser les foules pour ramasser les mégots qui traînent dans les rues. D’après lui, 137 000 mégots sont jetés chaque seconde en rue dans le monde, soit 4 300 milliards par an. La solution ? Le cendrier de poche.


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Trouver des solutions à la source

Après les bouteilles, les emballages de bonbons et les mégots de cigarettes, on retrouve dans l’ordre : les emballages de plats à emporter (6%), les cotons-tiges (5%), les gobelets (4%), les protections hygiéniques (3%), des emballages en rapport avec la cigarette (2%), les pailles et les couverts à usage unique (1%), et enfin les sacs en plastique (1%). Pour réduire tous ces déchets, il est préférable de ne pas les utiliser au départ afin de ne pas devoir nettoyer ensuite. Le rapport donne d’ailleurs de nombreuses autres solutions afin d’éviter ce genre de déchets. Si changer nos habitudes ne permettra pas de réduire la quantité de plastique qui se trouve dans nos voies navigables à l’heure actuelle, cela aura au moins comme bénéfice de ne pas empirer la situation. Et en ce qui concerne le nettoyage des océans, les experts expliquent que se concentrer sur le nettoyage des rivières serait le meilleur moyen pour endiguer l’écoulement des déchets dans les mers. Et si on commençait à ramasser nos déchets, déjà ?

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