Pendant ce temps, Greta Thunberg pleure pour le climat (et ça ne change rien)

Pendant ce temps, Greta Thunberg pleure pour le climat (et ça ne change rien)

Vidéo Environnement & Animaux

Les cendres de la cathédrale Notre-Dame n’étaient pas encore refroidies que déjà des centaines de millions d’euros étaient promis pour sa reconstruction. Pendant ce temps-là, Greta Thunberg participait à un débat au parlement européen à Strasbourg et elle a fondu en larmes, faisant un parallèle entre l’incendie de Notre-Dame et « notre maison en feu ».

Que faudra-t-il donc ? C’est une question qu’on ne peut s’empêcher de se poser. Que faudra-t-il donc pour que les dirigeants bougent enfin efficacement pour sauver ce qui peut encore l’être du climat ? Lundi, la cathédrale Notre-Dame, monument historique important pour Paris et à l’international, brûlait sous les yeux incrédules du monde entier. Mardi, ses cendres n’étaient pas encore froides que plusieurs gros bonnets milliardaires promettaient des centaines de millions d’euros pour participer à sa reconstruction. Aujourd’hui, ce sont près d’un milliard d’euros de dons qui ont déjà été promis. Et si l’utilisation de cet argent pour reconstruire un patrimoine historique n’est pas remise en question, on ne peut s’empêcher de se demander ce qu’il faudra pour que ceux qui ont les moyens de faire bouger beaucoup les choses agissent enfin pour le climat (et autres urgences sociétales).

Lire aussi > Greta Thunberg, future prix Nobel de la paix ?

Pendant ce temps-là, ce mardi, la jeune militante suédoise pour le climat, Greta Thunberg, était présente au parlement européen à Strasbourg et a invité les eurodéputés et les fonctionnaires de l’UE à « paniquer ». « Je veux que vous agissiez comme si la maison était en feu » a-t-elle prononcé devant la commission de l’environnement du Parlement. « J’ai déjà dit ces mots par le passé et beaucoup de gens ont expliqué pourquoi c’est une mauvaise idée. Beaucoup de politiciens m’ont dit que la panique ne mène jamais à rien de positif. Et je suis d’accord avec eux : paniquer, à moins que vous n’y soyez contraint, est une idée terrible. Mais quand votre maison est en feu et que vous voulez l’empêcher de brûler complètement, un certain niveau de panique est nécessaire ». De quoi faire un lien évident entre l’incendie de Notre Dame et la planète, « notre maison » qui est elle aussi en feu. « Hier, le monde a regardé dans la douleur, comment Notre-Dame a brûlé à Paris. Certains bâtiments sont plus que juste des bâtiments ».

La jeune fille de 16 ans s’est aussi attaquée à la manière qu’ont les eurodéputés de gérer le Brexit par rapport au climat. « Si notre maison s’effondrait, nos dirigeants ne suivraient plus le même processus aujourd’hui. Si notre maison s’effondrait, vous ne tiendriez pas trois sommets d’urgence sur le Brexit et aucun sommet d’urgence sur la dégradation du climat et de l’environnement », a-t-elle expliqué. “Nous sommes au milieu de la sixième extinction de masse. Chaque jour, environ 200 espèces s’éteignent. Et cela paraît normal”, a-t-elle ajouté en énumérant également la déforestation, la pollution des océans, l’empoisonnement des sols, notamment.

“Nous ne sommes pas en capacité d’influencer les décisions prises par les entreprises, les politiques, les ingénieurs , les médias, les enseignants ou la science »La jeune activiste a invité les citoyens européens à se prononcer lors des élections européennes en pensant à leurs enfants et leurs petits-enfants qui n’ont pas voix au chapitre.« C’est pour cela que des millions de jeunes descendent dans les rues, se mettent en grève à l’école. Pour attirer l’attention sur la crise du climat. Vous devez voter pour nous. Pour vos enfants et vos petits-enfants”.

Lire aussi > « Je veux que vous paniquiez » : Le discours poignant de Greta Thunberg à Davos

Elle a terminé son discours par ces mots : « Faire de votre mieux n’est plus suffisant. Nous devons tous faire ce qui semble impossible. Et je comprends si vous refusez de m’écouter. Je ne suis après tout qu’une étudiante suédoise de 16 ans. Mais vous ne pouvez pas ignorer les scientifiques ou la science ou les millions d’écoliers qui font la grève pour leur droit à un futur. Je vous en supplie, s’il vous plaît, n’échouez pas », avant de fondre en larmes sous une longue standing ovation. Et malgré ses larmes et ses beaux discours inspirants, le monde tourne aujourd’hui, comme si la jeune fille n’avait jamais pris la parole. Des initiatives naissent, ci et là, de plus en plus nombreuses, certes, mais soutenues par des citoyens ou des petits pouvoirs locaux limités. Il ne faudra pas longtemps avant qu’eux aussi s’essoufflent et craquent en attendant que les dirigeants européens et mondiaux prennent leurs responsabilités et agissent efficacement en faveur du climat.

greta thunberg
Greta Thunberg était présente à Strasbourg. © AFP
CIM Internet