L’Australie veut tuer 2 millions de chats en larguant des saucisses empoisonnées depuis les airs

L’Australie veut tuer 2 millions de chats en larguant des saucisses empoisonnées depuis les airs

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Attention, jolies petites bêtes, ce qui va tomber du ciel pourrait ne pas vous réussir. | © Unsplash.

Environnement & Animaux

L’Australie prend des mesures radicales pour protéger sa faune unique : son gouvernement souhaite éliminer deux millions de chats d’ici 2020. Comment ? En larguant des saucisses congelées et empoisonnées depuis les airs. 

Elles sont mignonnes, ces petites bêtes de poils qui peuplent les campagnes australiennes. Oui, mais elles sont aussi l’ennemi public numéro un au pays des kangourous. L’Australie est officiellement en guerre avec les chats errants : d’ici 2020, le gouvernement veut tuer près de deux millions d’entre eux, soit une bonne partie de leur population, estimée entre deux et six millions, rapporte le New York Times. Et un nouveau procédé des plus incroyables a été mis au point par les autorités : larguer depuis un avion des saucisses congelées et empoisonnées. Les félins meurent alors dans les 15 minutes après avoir ingéré le produit hautement toxique, produit dans une usine non loin de Perth. Les saucisses sont fabriquées à partir de viande de kangourou, graisse de poulet, des herbes, épices, et du poison bien entendu, explique le NYT. Un procédé qui n’est qu’une infime partie de ce plan d’envergure …

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Certaines zones du pays avaient déjà lancé les hostilités depuis belle lurette : dans le Queensland, un comité offre des récompenses de 10 dollars pour le scalp d’un chat sauvage. Le problème ne se cantonne pas seulement à l’Australie. La Nouvelle-Zélande, elle aussi, veut réguler la population de chats, aussi bien domestiques qu’errants. Mais pourquoi diable l’Océanie en veut-elle tellement aux félins ?

Le chat, ce serial killer

La réponse est simple : les chats, et spécialement les chats errants, sont des tueurs. Le premier d’entre eux est arrivé en Australie au 19ème siècle, et depuis leur population n’a cessé d’augmenter pour couvrir désormais 99,8% du territoire. Bien que les chats sauvages appartiennent à la même espèce que les chats domestiqués, les premiers sont bien obligés de chasser pour survivre.

Depuis qu’ils ont été introduits dans le pays par la première vague migratoire, les chats sauvages auraient contribué à l’extinction d’une vingtaine de mammifères, ce qui fait des félins la première et plus grande menace envers les espèces indigènes d’Australie, qui se révèlent être des proies faciles. Près d’un million d’oiseaux indigènes et 1,7 millions de reptiles seraient tués par les chats errants chaque jour en Australie.

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Les chats errants ont du souci à se faire. © Unsplash / Emre Gencer.

« Nous n’éradiquons pas les chats parce que nous les détestons. Nous devons faire des choix pour sauver les animaux que nous aimons et qui nous définissent en tant que nation », explique Gregory Andrews, responsable de la commission nationale pour les espèces en danger.

Morrissey et Brigitte Bardot montent au créneau

Le gouvernement avait déjà présenté ce plan national pour éradiquer les chats sauvages en 2015 et 5 millions de dollars ont été soulevés pour supporter les initiatives en première ligne. Mais ce plan a été critiqué de tous les côtés en Australie, et en premier lieu par les associations pour la protection animale. Des personnalités comme Morrissey ou Brigitte Bardot se déclarant totalement opposées à cette menace sur les félins. Certains scientifiques ont également exprimé des doutes sur ce plan national, les chats sauvages n’étant pas tous logés à la même enseigne. Oui, ils sont des tueurs, mais ne sont pas forcément des menaces pour la faune existante dans toutes les zones concernées.

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Mais les veléittés envers les chats semblent n’être pas prêtes de s’arrêter dans la région. La Nouvelle-Zélande en a fait une affaire d’État elle aussi et prévoit d’éradiquer tous les prédateurs d’ici 2050. L’été dernier déjà, un village de la région de Southland prévoyait d’interdire tout simplement les félins qui menacent la faune locale. L’horizon s’assombrit pour les grosses boules de poils qui, après tout, ne cherchent qu’à survivre.

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