Un simulateur de « climats extrêmes » à la rescousse de nos prairies

Un simulateur de « climats extrêmes » à la rescousse de nos prairies

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Les prairies réprésentent 70 % des surfaces cultivables dans le monde. | © Glenn Carstens-Peters/Unsplash

Environnement & Animaux

Ce mardi, en France, l’Inra (Institut national de la recherche agronomique) a inauguré Siclex : un simulateur de climats extrêmes pour étudier l’adaptation des prairies au changement climatique.

Sécheresses, pollution, températures et teneur en CO2 élevées, nos prairies et jardins verdoyants pâtissent de plus en plus du réchauffement climatique. On le voit en été, lorsque nos pelouses jaunissent ou que nos champs s’assèchent provoquant des millions d’euros de perte pour les agriculteurs wallons. Devant les aléas du climat et le changement climatique auquel nous faisons face, l’agriculture va être forcée de s’adapter. Et pour ce faire, l’Inra (l’institut national de la recherche agronomique en France) a inauguré ce mardi deux dispositifs expérimentaux qui devraient aider le secteur agricole à s’adapter aux défis de demain : Siclex, un simulateur de climats extrêmes qui reproduira les conditions de sécheresse et de fortes chaleurs afin d’analyser les espèces végétales qui survivent et s’adaptent et celles qui ne supportent pas ces conditions.

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Les rendements des productions agricoles dépendent de trois facteurs principaux : l’eau, la température et la teneur en CO2. Avec les sécheresses que l’on connaît de plus en plus souvent en été et le réchauffement climatique, les agriculteurs doivent faire face à un défi de taille pour la pérennité de leurs cultures. Et ils seront obligés de s’adapter pour faire face aux besoins de la population mondiale. Afin d’anticiper ces changements et préparer les plantes à un climat qui va devenir de moins en moins clément pour elles, une équipe de chercheurs a mis sur pied Siclex, un simulateur de climats extrêmes. Le projet prend place à Lusignan, en France, où il va permettre de mener des expérimentations sur l’adaptation des prairies au changement climatique.

Un abri mobile

« Siclex vise à confronter les plantes de prairie à des climats extrêmes encore rares, mais qui tendront à se répéter plus fréquemment dans le futur. Par exemple : des sécheresses sévères et prolongées pouvant survenir dès le début du printemps jusqu’à la fin de l’automne », explique l’Inra. Une parcelle d’une centaine de mètres de longueur est destinée à l’expérience. Au-dessus d’elle, un grand abri construit sur des rails se déplacera pour placer différentes parties de la parcelle dans les conditions voulues. « Siclex permettra de modifier le régime des pluies et la température, de façon complètement contrôlée ».

Siclex
©Inra

Siclex simulera lui-même les conditions d’un climat extrême grâce à plusieurs innovations. L’abri mobile pourra se placer au-dessus d’une parcelle afin d’empêcher la pluie d’y tomber. Couplé à un chauffage, cela permettra de recréer les conditions d’une sécheresse. Dans le futur, un système d’enrichissement de l’air en CO2 viendra compléter le dispositif. Le tout sera entièrement contrôlable et « des mesures automatisées permettent d’évaluer l’impact de ces climats extrêmes sur les plantes de prairie ». L’abri est ainsi capable de contrôler les pluies sur 400 m² de culture. « Grâce aux capteurs installés sur l’abri lui-même et sur le mât de mesures météorologiques à proximité, et grâce à des informations obtenues automatiquement sur des sites météorologiques en ligne sur internet. Sur ces sites, les signaux radars de précipitation et les directions et vitesses de vent, combinées à celles réalisées par Siclex lui-même, permettent d’anticiper avec la précision nécessaire l’arrivée et le départ des pluies au-dessus du dispositif. À 5 minutes près, le dispositif peut ainsi être positionné selon les besoins exacts de l’expérimentation », détaille l’Inra. Quant au dispositif de réchauffement de la végétation, il pourra simuler une augmentation de la température allant jusqu’à 6°C.

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Les données récoltées permettront de déterminer les espèces végétales qui survivent le mieux, à l’heure actuelle, dans des conditions climatiques extrêmes. Mais cela permettrait également d’aller un pas plus loin en étudiant les possibilités de croiser plusieurs espèces pour en faire des plantes super résistantes.

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