Le calvaire des bébés orangs-outans vendus comme animaux de compagnie

Le calvaire des bébés orangs-outans vendus comme animaux de compagnie

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Les bébés orangs-outans sont vendus et enfermés dans des cages. | © Teodor Kuduschiev/Unsplash

Environnement & Animaux

En Indonésie, l’île de Sumatra héberge la forêt tropicale de Leuser, l’un des endroits qui possède la plus grande biodiversité de la planète. Mais sa déforestation force les animaux à côtoyer les humains ce qui entraîne plusieurs sortes de dérives.

Sur l’île de Sumatra, en Indonésie, la forêt tropicale de Leuser abrite l’une des plus grandes biodiversités de la planète. Là-bas, les éléphants, les rhinocéros, les tigres et les orangs-outans se côtoient et vivent en harmonie. Elle est comparée à la forêt amazonienne d’Asie et, tout comme elle, elle est en train de disparaître sous la déforestation massive. Ces vingt dernières années, elle a perdu 110 000 hectares de sa surface au profit de l’huile de palme, des terres agricoles et des projets d’infrastructures. La BBC a consacré une série de cinq reportages sur cette forêt qui est en train de disparaître dans l’indifférence la plus totale et des conséquences que cela engendre sur les animaux qui la peuplent.

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Un orang-outan comme animal de compagnie, signe extérieur de pouvoir

La déforestation a des conséquences désastreuses pour les animaux qui vivent dans la forêt. Leur habitat étant détruit, ils disposent de moins d’espace pour vivre et sont donc forcés de se rapprocher toujours un peu plus des zones habitées par des humains. Et ce contact avec la population engendre des dérives, notamment en ce qui concerne les orangs-outans. Le reportage de la BBC rapporte que les bébés orangs-outans sont capturés pour être revendus comme animaux de compagnie par les populations locales ou pour être vendus sur le marché international.

En général, ce sont les personnes qui ont une certaine forme de pouvoir qui décident de prendre un singe comme animal de compagnie : soldats, agents du gouvernement, membres du parlement, de la police, etc. « Généralement, les gens veulent garder les orangs-outans comme symbole de leur statut. Ils veulent montrer leur fierté, ils veulent montrer qu’ils ont du pouvoir », explique Panut Adisiswoyo, du centre d’information des orangs-outans. Et, le tout, illégalement bien sûr. Cependant, les détenteurs d’orangs-outans ne sont jamais poursuivis.

Chaque fois, qu’une personne est repérée en possession de cet animal, une équipe intervient pour l’amener dans un centre spécialisé. Les adieux avec la famille sont déchirants, l’animal n’ayant jamais connu que des humains depuis sa naissance ou presque. Même s’il est resté enfermé dans une cage une bonne partie de sa vie dans le fond du jardin pour ne pas éveiller les soupçons des voisins, il est soudain arraché à la seule manière de vivre qu’il ait connue. « C’est comme m’arracher un enfant », explique une dame qui a volontairement décidé de rendre l’orang-outan qu’elle possédait depuis trois ans.

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« Ces gens disent tout le temps qu’ils font cela parce qu’ils aiment les orangs-outans… Mais aimer ne veut pas dire posséder », explique Krisna, un autre membre du centre d’information sur les orangs-outans qui est chargé de récupérer les orangs-outans détenus par des particuliers. Chaque année, les équipes d’intervention sauvent des dizaines d’animaux des maisons qui les enferment. Ils sont ensuite emmenés dans des centres de réhabilitation afin de les préparer à retourner à la vie sauvage. Pendant deux mois, ils sont gardés dans des cages sans contact avec d’autres animaux en attendant les résultats de différents tests. Ensuite, ils sont peu à peu rendus à la vie sauvage. Des centaines d’orangs-outans sont déjà passés par là.

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