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Quelles sont les espèces menacées de disparition en Belgique ?

La loutre d'Europe est en voie d'extinction | © Unsplash/Victoria Alexander

Environnement & Animaux

Le 22 mai, c’est la journée mondiale de la biodiversité ! L’occasion de faire un état des lieux de la faune en Belgique et de ces grands défis à venir, à travers 3 espèces menacées d’extinction.

De la mer du nord et ses riches fonds marins au massif ardennais et ses immenses forêts, la Belgique possède un territoire naturel qui déborde d’espèces en tous genres. Ou plutôt, qui débordait. Aujourd’hui, selon WWF, 90% des habitats naturels se détériorent dans le pays, entraînant dans leur chute une faune en détresse. Pire encore, près de 30% des espèces animales et végétales sont menacées de disparition quand plus de la moitié des espèces de poissons et reptiles sont sous perfusion. Malmenés entre autres par l’urbanisation, l’agriculture et la pollution, la situation est aujourd’hui critique notamment pour les oiseaux des milieux agricoles, les papillons de Wallonie et la loutre d’Europe.

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Les oiseaux des milieux agricoles au cœur de l’hémorragie

En Belgique, la Wallonie est fortement frappée par une baisse significative du nombre d’oiseaux. Selon WWF Belgique et sa porte-parole Jessica Nibelle, c’est près d’un quart de la population d’oiseaux qui a disparu entre 1990 et 2015.

À voir les statistiques avancées par l’ONG, les oiseaux des milieux agricoles sont les principaux concernés, avec une diminution de 47 % sur la même période. Les moineaux, alouettes des champs, le bruant proyer et la perdrix grise sont gravement menacés d’extinction alors que le traquet motteux et le cochevis huppé ont, eux, déjà disparu.

Les papillons battent de l’aile

Les pesticides et l’agriculture intensive ont lentement eu raison des papillons belges, notamment en Wallonie. Selon l’ONG, sur les 115 espèces wallonnes recensées en 2010, 18 se seraient déjà éteintes alors que 13 seraient actuellement en danger critique. En priorité, ce sont les papillons de jour qui semblent être les plus menacés. Selon l’association Natuurpunt, 30% des papillons sont en danger d’extinction dans le pays, alors que le niveau européen se situe autour de 9 %.

La loutre d’Europe bientôt éteinte ?

Après la disparition du lynx, du vison et de la rainette verte en Wallonie, la loutre d’Europe pourrait être la prochaine espèce sur cette triste liste. Alors que que dans les années 1980, elle était signalée sur les rives de la Lesse, de l’Our, de l’Ourthe et de la Sûre, sa population semble aujourd’hui se réduire comme peau de chagrin.

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La loutre est devenue extrêmement rare en région Wallonne au point que seules de rares apparitions près de certains cours d’eau nous permettent encore de dire qu’elle n’a pas disparu totalement. Un programme de réaménagement des berges est actuellement en cours au bord des rivières afin d’encourager sa réimplantation naturelle, mais le pari est loin d’être gagné. Pour en savoir plus il faudra attendre mars 2020 et la publication d’un rapport complet sur l’état de la faune en Belgique par l’ONG WWF.

Un rapport mondial comme un cri d’alarme

Un million d’espèces animales et végétales menacées d’extinction sur terre, 75 % de l’environnement terrestre « gravement altéré » par les activités humaines, 66 % de l’environnement marin touché… Ces chiffres accablants ont été publiés le 6 mai par le groupe d’experts de l’ONU sur la biodiversité (IPBES) après trois ans de recherche.

Première évaluation mondiale depuis 15 ans, ce rapport est comme un cri d’alarme pour Jessica Nibelle, porte-parole de WWF Belgique : « Ce sont des chiffres alarmants qui montrent bien la dégradation progressive de notre écosystème à cause de l’activité humaine. » L’ONG espère notamment que ce rapport va interpeller l’opinion publique mais aussi les hommes et femmes politiques. « Nous souhaitons que le problème de la biodiversité soit mis à l’agenda politique, au même titre que le climat. Que ces deux crises, qui ne vont pas l’une sans l’autre, soient traitées avec le même intérêt et la même vigueur. »

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Plusieurs échéances internationales sur le sujet se profilent, notamment en 2020 avec la réunion des États membres de la convention de l’ONU sur la diversité biologique (COP15), en Chine, qui doit fixer un calendrier pour protéger la biodiversité sur la prochaine décennie.

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