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Danger environnemental : L’Équateur autorise l’armée américaine à utiliser les Galápagos comme aérodrome

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Image d'illustration. | © Unsplash / Ruud Luijten.

Environnement & Animaux

L’Équateur a autorisé l’Air Force à utiliser un aéroport des îles inscrites au patrimoine mondial de l’Unesco.

Alors que la faune et la flore sont constamment menacées dans l’archipel, notamment par les braconniers et le tourisme de masse, les îles appartenant à l’Équateur vont accueillir une nouvelle espèce d’« oiseaux » encore plus dangereuse : les avions de l’armée américaine. Le pays a en effet décidé d’autoriser les appareils de l’US Air Force à opérer depuis l’aéroport d’une des îles, San Cristobal, nous apprend la BBC. Le ministre de la Défense Oswaldo Jarrin a déclaré que son gouvernement et les forces américaines allaient collaborer afin de « combattre le trafic de drogue ».

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Le gouvernement équatorien a précisé que l’aéroport allait être agrandi pour accueillir deux avions américains, un Boeing 777 et un Lockheed P-3 Orion, et que les travaux étaient financés par les États-Unis. Mais l’Équateur s’est heurté à un premier problème, que n’ont pas manqué de soulever les opposants politiques. Selon sa Constitution, « l’établissement de bases militaires étrangères ou d’installations étrangères à des fins militaires n’est pas autorisé ».

(Les Galápagos se trouvent à près de 1 000 km au large des côtes équatoriennes)

Une critique à laquelle Oswaldo Jarrín a répondu en insistant sur le fait que l’île n’allait pas devenir une base américaine puisque « base signifie permanence, et de permanence, il n’y en aura aucune. » Pour l’ancien président Rafael Correa (2007-2017), très inquiet à la suite de l’annonce, les Galápagos ne doivent pas devenir un porte-avions américain. « C’est une province équatorienne, patrimoine de l’humanité et territoire national ».

La biodiversité menacée

Lors de la Deuxième Guerre mondiale, les États-Unis avaient déjà investi l’archipel en installant une base militaire pour contrer les Japonais. La base avait été cédée à l’Équateur en 1946. Interrogé par le quotidien britannique The Independentle porte-parole du Pentagone Chris Mitchell a déclaré que le Département de la Défense des États-Unis n’avait « pas signé d’accord avec le gouvernement équatorien » et que rien n’était officialisé.

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Quinze espèces de tortues géantes sont recensées dans l’archipel. © Unsplash / Magdalena Kula Manchee.

Ces démonstrations militaires pourraient avoir un impact néfaste sur une faune et une flore bien affaiblie. Chaque année, près de 160 000 touristes foulent les terres de l’archipel et menacent son écosystème.

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Manchots, iguanes, otaries, lions de mer, baleines, requins, tortues ou encore colonies d’oiseaux, les îles Galápagos constituent une richesse inestimable pour les scientifiques. Un laboratoire qu’il est nécessaire de sauvegarder, rappelle WWF.

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